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Les libéraux exigent des suspensions

Radio-Canada

Le Parti libéral soutient que plusieurs conservateurs, dont le ministre Lawrence Cannon, devraient être suspendus le temps que les enquêtes sur les dépenses électorales du parti soient terminées.

Le Parti libéral du Canada (PLC) revient à la charge dans l'affaire des dépenses électorales du Parti conservateur du Canada (PCC) lors de la dernière campagne électorale.

Jeudi, les libéraux ont réclamé la suspension de plusieurs conservateurs, le temps que les enquêtes sur le sujet soient terminées et que leurs conclusions soient connues.

Parmi les conservateurs dont la suspension est exigée, on retrouve le ministre des Transports, Lawrence Cannon, en plus de Michael Donison, actuel conseiller du leader parlementaire Peter Van Loan, et de Patrick Muttart, chef de cabinet adjoint du premier ministre Stephen Harper.

Pour justifier sa demande, le PLC avance que les noms de ces personnes sont mentionnés dans le mandat qui a mené à la perquisition de documents par la GRC, la semaine dernière, aux bureaux d'Ottawa du Parti conservateur.

Sans dire que le ministre Cannon ait fait quelque chose d'illégal dans cette affaire, les libéraux croient que le ministre Cannon ne serait pas un « participant innocent » et aurait été au courant du stratagème qui aurait permis au conservateur de dépenser plus que la limite permise lors de la campagne de 2005-2006.

En plus de la suspension de ces conservateurs, le Parti libéral veut que le parti au pouvoir rende publics toutes les publicités et les détails de leur diffusion. Le PLC souhaite aussi que la GRC examine les aspects qui pourraient contrevenir au Code criminel.

Des conservateurs parlent

En septembre dernier, lorsque les libéraux avaient soulevé la question des dépenses électorales du PCC, plusieurs conservateurs avaient déjà dénoncé les manoeuvres de financement douteuses effectuées par le parti lors des dernières élections. Ainsi, l'ex-candidat conservateur Jean Landry a indiqué que les candidats n'avaient pas le choix d'adhérer au système.

De son côté, l'ex-candidate Cynthia Downey, de Terre-Neuve, a affirmé à Sun Media et CBC News que personne au PCC ne lui avait expliqué pourquoi l'organisation nationale lui transférait des fonds. Depuis, Mme Downey a rompu tous ses liens avec les conservateurs.

Les libéraux se défendent

Toujours jeudi, la députée libérale Marlene Jennings a rejeté les allégations selon lesquelles elle aurait participé au même genre de financement illégal dont aurait profité le Parti conservateur.

Les conservateurs soutiennent en effet que les autres partis de la Chambre des communes ont tous utilisé les mêmes méthodes qu'eux, sans qu'Élections Canada n'y voie rien de répréhensible. En tout, les conservateurs affirment avoir répertorié 100 députés libéraux, néo-démocrates et bloquistes qui auraient utilisé le stratagème.

En ce qui concerne Mme Jennings, les conservateurs ont identifié des transferts de 16 132,93 $ entre le Parti libéral, Mme Jennings et son association de circonscription, en 2004. Mme Jennings aurait payé une facture de ce montant pour ensuite le réclamer comme dépenses électorales. Mais le Parti libéral, identifié sous le nom « Libéral » sur le rapport financier, aurait ensuite transféré un montant semblable à l'association de circonscription de Mme Jennings.

La députée libérale se défend en disant qu'avant le déclenchement des élections en 2004, son association a acheté des affiches personnalisées et d'autre matériel pour une valeur de 16 132,93 $ à l'aile québécoise du parti. Lorsque les élections ont été déclenchées, elle dit que son équipe de campagne a remboursé l'association de circonscription, donc que le transfert litigieux rapporté par les conservateurs serait en fait le paiement effectué par l'agent officiel de Mme Jennings.

Élections Canada dit que le rapport de dépenses électorales de Mme Jennings a été approuvé et donc, qu'il n'y avait aucune raison de l'examiner de nouveau. Mais les conservateurs soutiennent que l'achat d'affiches fournies par le parti équivaut à l'achat, par les candidats conservateurs, de publicités produites par leur parti.

Harper défend son parti

Stephen Harper, lui, a affirmé mercredi que le PCC n'avait rien à se reprocher relativement aux événements qui ont mené la GRC à perquisitionner dans les bureaux du parti à Ottawa, la semaine dernière.

Selon M. Harper, Élections Canada considère que certaines dépenses de publicité des conservateurs auraient dû être calculées comme des dépenses nationales et non locales, d'où la méprise dans toute cette affaire. Il a répété qu'il n'était pas d'accord avec la position de l'organisme.

Le premier ministre dit cependant que son parti serait prêt à se conformer à toute nouvelle interprétation de la loi si les règles venaient à changer, une fois que les tribunaux se seront prononcés. M. Harper ajoute que les autres partis devront eux aussi se plier à la même interprétation de la loi.

Le chef conservateur précise que son parti se conforme toujours à la loi, comme elle est interprétée.

De la fraude, selon Élections Canada

La Gendarmerie royale du Canada a mené une perquisition dans les bureaux d'Ottawa du Parti conservateur la semaine dernière, pour rechercher des documents sur les dépenses électorales du parti.

Selon Élections Canada, le PCC aurait mis au point, lors des élections fédérales de 2006, un système de transferts frauduleux qui permettait à l'organisation nationale de bénéficier de fonds destinés à des candidats régionaux.

L'organisme soutient que 67 candidats du parti ont illégalement réclamé 777 000 $ de dépenses qu'ils n'auraient jamais faites. En tout, le parti aurait dépassé de 1,1 million de dollars sa limite de dépenses autorisées à l'échelle nationale, qui était de 18 millions de dollars lors de la campagne de 2006.

Le PCC, de son côté, rejette ces accusations et conteste l'interprétation de la loi électorale devant la Cour fédérale.

Avec les informations de La Presse canadienne

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