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Québec veut endiguer la violence

Radio-Canada

La ministre de l'Éducation Michelle Courchesne débloque 17 millions de dollars sur 3 ans pour contrer la violence dans les écoles. Prévention, plans d'intervention et activités de formation sont au menu.

Le gouvernement du Québec investit 16,88 millions de dollars répartis sur 3 ans dans une série de mesures visant à contrer la violence à l'école.

Les détails du programme ont été annoncés lundi par la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, malgré le fait que Québec n'a pas un portrait complet de la situation dans ses écoles. Ce portrait, en cours d'élaboration, doit être rendu disponible cet automne.

La part du lion, soit 6,9 millions de dollars, sera versée aux commissions scolaires afin que leurs écoles soit aptes à prévenir la violence, à traiter des cas d'espèce ou encore à venir en aide à des victimes ou des témoins d'actes violents. L'argent permettra d'élaborer des plans d'intervention en situation d'urgence.

Une tranche de 5,25 millions sera consacrée à un service d'accompagnement d'élèves suspendus ou expulsés. L'objectif est d'éviter que ces élèves ne développent des comportements délinquants et qu'ils soient réintégrés dans des classes régulières plutôt que dans des classes spécialisées en trouble du comportement.

« Bien entendu, s'il nous faut protéger la vaste majorité des élèves contre le taxage, le racisme, la cyberintimidation et la violence sous toutes ses formes, il nous faut aussi nous préoccuper des élèves qui éprouvent des problèmes de comportement », a expliqué la ministre Courchesne.

Une somme de 4,15 millions sera par ailleurs allouée à des activités de formation et d'accompagnement. La somme permettra d'embaucher des agents dits de soutien, qui viendront coordonner des groupes-relais. Ces groupes, composés de représentants du milieu, de partenaires et de parents, viendront conseiller les commissions scolaires. La somme permettra notamment d'offrir des cours au personnel.

Un comité de concertation interministériel sera par ailleurs formé afin d'assurer la cohérence et l'efficacité de l'action gouvernementale. La ministre Courchesne indique que le nouveau plan vient compléter le Plan d'intervention québécois sur les gangs de rues.

Dans son rapport de 2005, le vérificateur général du Québec avait conseillé au gouvernement de dresser un portrait de la situation dans les écoles du Québec, de mener des actions concrètes et d'évaluer leur efficacité.

Un plan attendu

Le plan de la ministre Courchesne reçoit un accueil favorable de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui affirment toutes deux qu'il était « attendu ».

Selon le président de la FCSQ, André Caron, les mesures annoncées « sont en continuité des actions réalisées par les commissions scolaires, sont un pas de plus dans la bonne direction et contribueront sûrement à la réussite de nos élèves ».

M. Caron souligne la volonté du gouvernement de mettre en oeuvre une action concertée « Pour vaincre la violence, dit-il, il faut absolument assurer une intervention concertée impliquant les divers acteurs concernés: organismes de la santé, services sociaux, organismes communautaires, corps policiers, municipalités, parents, etc ».

La CSQ estime pour sa part que ces mesures étaient « devenues indispensables compte tenu des nombreux commentaires et de l'insécurité exprimée quant aux multiples formes de violence auxquelles le personnel de l'éducation est exposé ».

La CSQ estime que la violence est l'un des motifs principaux qui expliquent que de nombreux jeunes enseignants abandonnent leur profession. Selon la CSQ, 1 enseignant sur 5 quitte la profession avant d'avoir atteint sa cinquième année.