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Un livre mis à l'index

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Santé Canada renonce à distribuer 500 000 exemplaires d'un livre explicatif sur les drogues, une initiative de l'ancien gouvernement libéral, parce que les conservateurs jugent son contenu trop nuancé et ambigu.

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper semble décidé à être intransigeant en matière de lutte contre la drogue. Au point de ne pas hésiter à laisser 1 million de dollars de dépenses dans des boîtes.

Le ministère canadien a en effet renoncé à distribuer 500 000 exemplaires d'un livre sur les drogues, édité par le Centre québécois de lutte aux dépendances (CQLD), dont il trouvait le contenu trop ambigu.

Savoir plus et risquer moins, dont la préface est signée par le ministre québécois de la Santé, Philippe Couillard, s'était écoulé à près de 200 000 exemplaires en 7 ans. C'est le gouvernement libéral, en fin de mandat, qui avait passé la commande pour distribuer gratuitement un demi-million d'exemplaires aux jeunes Canadiens. Les exemplaires commandés sont toutefois encore dans leur boîte, dans un entrepôt d'Ottawa, depuis plus d'un an.

C'est que les conservateurs n'aimaient pas le contenu nuancé du livre, et ses explications sur les sensations tant agréables que néfastes produites par les drogues. « On ne dit pas aux jeunes de diminuer leur consommation de drogue, mais de cesser d'en prendre. Le ministre n'autorisera pas la distribution des documents », a indiqué Santé Canada par courriel, à la suite d'une demande de Radio-Canada.

Selon le directeur général du CQLD, Michel Germain, le contenu du livre est valide du point de vue scientifique. « C'est un livre de faits, on donne des faits, on énumère les risques et, dans le fond, on informe dans un langage vulgarisé sur le phénomène des drogues », se défend M. Germain.

Pour le président du Groupe de recherche et d'intervention psychosociale (GRIP Montréal), Jean-Sébastien Fallu, il s'agit d'un exemple de l'effet de l'idéologie conservatrice. « Il y a un très large consensus scientifique voulant que d'exagérer les risques, ne pas donner une information neutre, cela n'a pas d'effet positif et, dans plusieurs cas, cela a des effets à l'encontre de ceux qu'on voudrait avoir », dit-il.

Rappelons qu'en octobre dernier, le premier ministre Stephen Harper a présenté un plan de lutte contre les drogues au Canada de près de 64 millions de dollars. Le tiers de cette somme vise à lutter contre la production et la distribution de drogues, tandis que les deux tiers restants visent à financer des services de prévention et de traitement de la toxicomanie.

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