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Ottawa a agi unilatéralement

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opération policière avortée qui a provoqué une crise en janvier 2004 a été appuyée par Ottawa, malgré l'opposition de Québec. Le gouvernement fédéral craignait qu'un nouveau conseil de bande ne s'oppose à la lutte contre la criminalité.

L'opération policière ratée qui a ouvert la voie aux évènements violents qui ont secoué Kanesatake en janvier 2004 s'est déroulée malgré l'opposition du gouvernement du Québec.

Des documents obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information démontrent qu'Ottawa était prêt à tout pour financer l'opération policière que le grand chef James Gabriel voulait mener contre le crime organisé sur le territoire mohawk.

Le gouvernement fédéral, qui était alors dirigé depuis un mois par Paul Martin, est donc intervenu unilatéralement dans le domaine de la sécurité publique, un champ de compétence provinciale.

Dans une lettre adressée à Ottawa, en juin 2004, le sous-ministre québécois à la Sécurité publique, Luc Crépeault, accuse le gouvernement fédéral d'être responsable de la crise et d'y avoir plongé le Québec malgré lui.

« Le financement de l'opération policière de 900 000 $ est, faut-il le rappeler, la bougie d'allumage des événements du 12 janvier 2004 et de la crise actuelle à Kanesatake », peut-on lire dans cette correspondance.

Garder Gabriel au pouvoir

La lecture des 2500 pages de documents dont Radio-Canada a obtenu copie permet aussi d'apprendre qu'Ottawa avait un objectif caché en appuyant James Gabriel: il voulait que le grand chef reste au pouvoir coûte que coûte.

Les ministres et les hauts fonctionnaires fédéraux concernés craignaient que les opposants de James Gabriel, qu'ils associaient au crime organisé, reprennent le pouvoir à Kanesatake et que le territoire mohawk devienne un refuge pour criminels.

Dans une note de service de Sécurité publique Canada, on peut ainsi lire: « Si aucun effort n'est fait pour restaurer la paix, l'ordre, la sécurité publique, les deux gouvernements pourraient éventuellement avoir à composer avec un conseil de bande élu opposé à toute action légale contre le commerce de la drogue et des cigarettes ».

L'opération policière s'est finalement mal terminée. Quelque 57 policiers autochtones appelés à Kanesatake par James Gabriel ont été séquestrés dans la station de police et la maison du grand chef a aussi été incendiée.

Un opposant à James Gabriel, Steven Bonspille, a finalement été élu grand chef en juin 2005, devant James Gabriel.

Depuis la crise de janvier 2004, Québec a dépensé plus de 30 millions de dollars en sécurité publique à Kanesatake et continue toujours de payer. Les patrouilles que la Sûreté du Québec (SQ) effectue toujours dans la communauté coûtent 300 000 $ par mois aux contribuables québécois.

Québec souhaite qu'Ottawa paie une partie de la facture, mais le gouvernement fédéral refuse.

L'armée en renfort

Selon les mêmes documents, Québec envisageait de recourir aux Forces canadiennes pour mettre fin aux violences et dénouer la crise à Kanesatake. « Si cela avait dégénéré, parce que là, on était dans une situation où il y avait des dérapages incontrôlés [...] on aurait pu avoir recours à l'armée » dit le ministre de la Sécurité publique de l'époque, Jacques Chagnon.

Les documents révèlent aussi que des résidents de Kanesatake ont demandé à être évacués parce qu'ils craignaient une intervention militaire et une crise comme celle de 1990.

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