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Perquisition au PCC

Radio-Canada

Des représentants d'Élections Canada et de la Gendarmerie royale du Canada ont fait une perquisition dans les bureaux d'Ottawa du Parti conservateur.

Des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des représentants d'Élections Canada ont perquisitionné dans les bureaux du Parti conservateur à Ottawa, mardi.

Cette opération policière a été effectuée à la demande d'Élections Canada qui soutient qu'une cinquantaine de candidats conservateurs ont enfreint les règles de financement au cours de la dernière campagne électorale, en 2006.

Selon Élections Canada, ces candidats ont gonflé artificiellement leurs dépenses publicitaires pour obtenir un remboursement plus élevé de l'État. Mais cet argent a servi à acheter de la publicité nationale, et non locale, selon l'organisme.

Le Parti conservateur du Canada aurait ainsi transféré des fonds dans les circonscriptions pour leur faire payer des campagnes de publicité nationales. Selon Élections Canada, les sommes n'ont transité que temporairement dans les comptes des candidats, avant de se retrouver dans les coffres du PCC.

Élections Canada évalue que les dépenses du Parti conservateur ont ainsi dépassé de 1,2 million de dollars le plafond alloué par la loi électorale.

Le Parti conservateur de Stephen Harper rejette ces accusations et conteste l'interprétation de la loi électorale devant la Cour fédérale. De plus, le gouvernement a tout fait pour bloquer une enquête parlementaire sur ce présumé stratagème illégal.

Le commissaire aux élections fédérales, William Corbett, a ouvert une enquête sur ces dépenses en avril 2007.

Une affaire d'éthique et de transparence, selon l'opposition

L'opposition a d'ailleurs attaqué le comportement du gouvernement Harper, mardi.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice, Dominic Leblanc, a estimé que le premier ministre montrait ainsi qu'il avait des choses à cacher. « S'il était transparent, la GRC n'aurait pas à défoncer la porte », a déclaré le député libéral.

Ce à quoi le premier ministre a répondu qu'il s'agissait d'un simple différend entre le PCC et Élections Canada. Il a affirmé qu'ils n'avaient pas la même interprétation de la loi électorale. M. Harper a ajouté que les avocats du Parti conservateur allaient réviser le dossier dans les prochains jours, et que la position du PCC était « très solide ».

Le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion, n'a pas accepté cette version des faits. « Ça a rapport avec, comme vous le savez, une enquête quasi-judiciaire du commissaire aux élections et non avec une dispute que le Parti conservateur a artificiellement créée avec Élections Canada. Et sans doute [que le commissaire] n'arrive pas à avoir les documents qu'il demande et il est obligé de faire une perquisition. C'est grave », a estimé le chef libéral.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a remis en question la crédibilité du gouvernement. « C'est un gouvernement qui fait le contraire de ce qu'il prônait dans l'opposition. Il prônait la transparence », a lancé le chef bloquiste.

Même son de cloche du côté du Nouveau Parti démocratique, dont le chef Jack Layton a parlé d'une affaire d'éthique. « [Stephen Harper] a promis d'avoir un gouvernement plus blanc que blanc, et on voit maintenant qu'il essaie de blâmer Élections Canada ou la GRC pour ces efforts de chercher la vérité », a dit M. Layton.

Avec les informations de La Presse canadienne