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Le ras-le-bol des pauvres

Radio-Canada

La Banque mondiale et les Nations unies craignent que la flambée des prix des denrées alimentaires de base, notamment ceux du riz, n'entraîne de graves troubles sociaux dans le monde.

Le prix du riz et de plusieurs denrées alimentaires de base a littéralement explosé au cours des derniers mois. De plus en plus d'observateurs craignent maintenant que ces hausses ne déclenchent des troubles sociaux dans les zones les plus pauvres de la planète.

Appelé à commenter les émeutes qui ont ébranlé Haïti au cours des derniers jours, le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) a estimé, lundi, que la hausse des prix des denrées alimentaires allait fort probablement entraîner de nouvelles tensions.

D'ailleurs, les responsables du PAM ont pu observer au cours des dernières semaines de nombreuses émeutes liées à la disponibilité des denrées de base au Burkina Faso, en Égypte, en Indonésie, en Côte d'Ivoire, en Mauritanie, au Mozambique et au Sénégal.

Une crise qui pourrait durer longtemps

Et ces troubles, qui menacent directement des gouvernements fragilisés par une population au ventre creux, ne semblent guère sur le point de s'éteindre.

En effet, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a estimé lors d'un point de presse, lundi, que l'actuelle crise n'est pas qu'un phénomène passager et, au contraire, devrait s'étendre sur plusieurs années.

Selon M. Zoellick, la flambée des prix des denrées risque même, en certains endroits du monde, notamment en Indonésie, d'annuler tous les gains faits au cours des dix dernières années sur le front de la lutte contre la pauvreté.

Et la faim, comme l'expliquent le PAM et la Banque mondiale, prend désormais un nouveau visage, la nourriture étant trop souvent disponible sur des étalages sans que personne puisse se permettre de l'acheter.

Des causes multiples

Les experts expliquent la présente crise par la conjoncture de plusieurs causes qui, mises bout à bout, déstabilisent le fragile équilibre alimentaire mondial.

Ainsi, on estime que la disparition de plusieurs terres agricoles en raison de l'urbanisation et de la désertification de certains territoires contribue en partie au problème. La demande accrue pour des produits animaux qui nécessitent des tonnes de grains contribue elle aussi, selon les experts, au problème. Et finalement, la conversion de millions d'hectares de cultures pour produire des biocarburants, comme en Indonésie, tend à nuire à l'équilibre alimentaire.

À ce propos, il est intéressant de noter qu'en 2008, près de 18 % de la production céréalière américaine servira à la production d'éthanol. Cette même production, selon un institut de recherche environnementale, le Earth Policy Institute, aurait pu nourrir au cours des deux dernières années quelque 250 millions de personnes.

L'Union européenne a d'ailleurs annoncé voilà quelques mois qu'elle allait revoir à la baisse ses plans pour promouvoir les biocarburants à base d'éthanol en raison de l'impact de cette nouvelle industrie verte sur l'agriculture traditionnelle et l'équilibre alimentaire.

Et à toutes ces causes s'ajoute, comme l'expliquait la semaine dernière au quotidien français Le Figaro un courtier en riz, l'impact néfaste sur les prix de la spéculation.

Les prix du riz, qui compose l'essentiel de l'alimentation de milliards d'habitants d'Asie et d'Afrique, ont enregistré des hausses vertigineuses depuis plusieurs mois et entraînent des pénuries dans de nombreux pays importateurs.

La semaine dernière, la tonne de riz a fait sur les marchés un bond de plus de 30 % pour s'établir à 760 $, soit le double de ce qu'elle coûtait au début de l'année. En cinq ans, le prix du riz a quadruplé.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, Le Figaro, The Christian Science Monitor, et The Economic Times

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