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Des médecins inquiets

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une association de médecins prédit que le réchauffement climatique aura un impact grave sur la santé des Canadiens si rien n'est fait pour le freiner maintenant.

Le Collège des médecins de famille de l'Ontario (CMFO) s'inquiète des problèmes de santé que provoquera le réchauffement climatique.

Après avoir étudié les effets du réchauffement climatique sur la santé des Canadiens, le CMFO publie un rapport intitulé Comment répondre aux effets du réchauffement climatique sur la santé: le rôle clé des médecins de famille.

La présidente du Collège, la Dre Renée Arnold, sonne l'alarme: « Les effets néfastes du réchauffement climatique sur la santé sont profonds et seront irréversibles si nous n'agissons pas ensemble maintenant et si nous n'arrêtons pas d'endommager notre environnement », dit-elle.

Selon le CMFO, cette étude est la plus complète effectuée jusqu'à ce jour. Le rapport prodigue des conseils aux Canadiens et aux médecins pour:

  • s'adapter aux effets du réchauffement climatique sur la santé;
  • minimiser notre impact sur l'environnement;
  • assurer une planète en bon état aux générations futures.

Selon l'étude, les effets du réchauffement climatique les plus importants sur la santé comprennent:

  • les maladies liées à la chaleur et au smog;
  • la propagation des maladies infectieuses;
  • les conséquences sanitaires des phénomènes météorologiques extrêmes.

Les maladies liées à la chaleur et au smog

La hausse des températures pourrait engendrer des urgences médicales, comme des coups de chaleur, et avoir un impact majeur sur la santé publique. Le rapport rappelle notamment la vague de chaleur qui avait frappé la France pendant deux semaines, en 2003. Elle avait entraîné la mort prématurée de 15 000 personnes.

De plus, la pollution atmosphérique et le smog peuvent avoir des effets aigus et chroniques sur la santé. Selon l'Association médicale de l'Ontario, la pollution atmosphérique sera responsable en 2026 de:

  • 10 061 décès prématurés
  • 24 587 admissions à l'hôpital
  • 87 963 visites aux urgences

La gastroentérite due à la contamination de l'eau est également associée à la hausse des températures.

Une hausse des températures moyennes, même faible, dit le rapport, pourrait avoir un effet très prononcé sur la santé des nourrissons et des enfants, des personnes âgées, des personnes avec une maladie préexistante, des personnes sans domicile, des sportifs ou de ceux qui travaillent en plein air.

La propagation des maladies infectieuses

Selon le rapport, les médecins de famille canadiens doivent d'ores et déjà acquérir de l'expertise sur des maladies rarement observées au Canada. Ainsi, la malaria et la dengue apparaissent maintenant dans des régions où elles n'étaient pas endémiques autrefois. Les Canadiens qui vont dans les Caraïbes et en Amérique centrale risquent d'être infectés et de revenir malades.

En outre, le climat devenant plus chaud au Canada, la tique porteuse de la maladie de Lyme pourra survivre dans des régions plus septentrionales. Cela veut dire qu'elle portera la maladie plus au nord, en Ontario, en Nouvelle-Écosse, en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan.

La maladie de Lyme n'est pas la seule menace évoquée par le rapport. Il cite le Virus du Nil occidental qui pourrait faire plus de ravages.

Les phénomènes météorologiques extrêmes et leurs effets sur la santé

Ces phénomènes extrêmes, comme les tempêtes violentes et les inondations, pourraient avoir un impact significatif sur la vie et la santé des Canadiens. Entre 1992 et 2001, ils ont touché plus de 1,2 milliard de personnes dans le monde. Presque 100 000 d'entre elles ont été tuées par les inondations seulement.

Le rapport rappelle que l'ouragan Katrina a causé une perturbation sociale sévère et a fait plus de 1300 morts, sans compter un nombre inestimable de malades.

Le Collège prévient que le Canada n'est pas à l'abri de ce type de catastrophes et revient sur le verglas de 1998 et sur l'épidémie d'E. coli qui a frappé Walkerton, en Ontario, en 2000.

Finalement, la sécheresse due au réchauffement climatique touchera certaines parties du Canada et nombre de pays en voie de développement, avec des conséquences sur l'économie et la santé.

Le rapport conclut en proposant une série de mesures pour réduire ce qu'un professeur de l'Université de Toronto appelle « l'empreinte carbone » laissée par les Canadiens.

Après avoir recommandé des mesures à adopter à la maison et sur la route, l'un des auteurs de l'étude, le Dr Val Rachlis, écrit: « [...] nous devons faire pression sur nos élus afin qu'ils comprennent ces questions et qu'ils s'engagent, au nom de l'intérêt public, dans la sauvegarde de notre planète pour les générations futures ».

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