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Le temps qui fond

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alex Harvey est un jeune athlète canadien que nous accompagnons depuis l'âge de 16 ans dans son rêve olympique. Il raconte comment deux médailles d'or lui ont filé entre les doigts aux derniers mondiaux juniors.

Alex Harvey aurait dû quitter Malles, en Italie, site des derniers Championnats du monde juniors de ski de fond, avec au cou deux médailles d'or.

Il est revenu avec une seule médaille d'argent, un peu frustré. Mais conscient plus que jamais de son potentiel.

En faisant le bilan de sa saison, il a raconté comment une blessure à la jambe gauche (problème d'irrigation) l'a privé de l'or aux épreuves du 10 km classique et du 20 km pas de patin.

Revivons la première des deux, le 10 km classique, le 25 février.

« Après 7 km, j'avais 22 secondes d'avance sur l'éventuel gagnant. J'ai fini à 8 s de lui!

« J'ai perdu 30 s en 3 km. Il n'y avait plus beaucoup de montées, seulement un km d'effort. Tu vois pas ça d'habitude, un tel écart perdu entre le meneur et le deuxième.

« Au 1er km, je me sens bien. Au 3e, on me donne un premier temps de passage (celui du 1er km). Il y avait un Allemand 8 s devant moi. Pas de problème, on est en altitude, il durera pas, il va exploser c'est sûr.

L'Allemand a effectivement été rattrapé, largué, et il a fini 24e.

« Un peu avant le 5e km, j'ai les temps du 3e km. Tout le monde est revenu. Je suis en tête avec 5-6 s d'avance sur un groupe de 4 ou 5.

« À 5 km, je commence à voir une différence entre la jambe droite et la jambe gauche, mais comme je ne suis pas encore sur le système d'acide lactique, je me dis que ça va bien. Je vais tenir le coup et je vais gagner.

« Louis (Bouchard, son entraîneur) avait les « splits ». Il savait ce qui se passait dans ma tête. C'est lui qui me connaît le mieux. Il s'est dit que j'allais gagner par 30 s aujourd'hui.

« Au 6e km, je suis 17 s devant le deuxième, le Norvégien (Hans Christer Holund) qui a éventuellement gagné.

« Là, j'ai de la misère à écraser mes skis. Je sais que je vais commencer à perdre du temps.

« Entre 7,5 et 8 km, un coach me dit qu'au 7e km, j'ai 22 s d'avance. C'est pas autant d'avance que ce que je devrais prendre. Là, la jambe brûle. J'essaie de compenser avec le haut du corps.

« À 7,5 km, tu commences la dernière portion du parcours. Là, je glisse presque plus. Techniquement, je ne suis pas bon. Je me dis que je perdrai pas 22 s. Je pense que je suis capable de gagner pareil.

« Je me suis rendu à la ligne d'arrivée comme j'ai pu, mais j'ai perdu trop de temps. Le Norvégien, qui avait le dossard no 8 (Alex portait le no 1...), a passé la ligne avec 8 s d'avance sur moi.

« C'est sûr et certain que dans ma tête, je gagnais. Louis (Bouchard) aussi le sait.

« Même le coach norvégien est venu voir nos coachs, il comprenait pas ce qui s'était passé. Coudonc, votre gars est-il tombé ? »

L'enfer au 20 km

Scénario similaire au 20 km style libre. Alex est en encore meilleur en style libre (skate) qu'en classique.

Il contrôlait la course en tête avec l'Allemand Philipp Marschall (qui a gagné) à 2,5 km de l'arrivée. Il a perdu 11 secondes dans le dernier kilomètre... une descente! Pour finir 4e.

« Dans ma tête, dans celles des coachs qui me regardaient, à 10 km, j'aurais fait de quoi. Je restais avec eux autres (les meneurs) sans forcer. Je serais entré tout seul dans le stade... »

Et il serait monté tout seul sur le haut du podium. À la place, il a « monté » en maturité. C'est quand même un peu plate, ça, pensez-vous? Pas tant que ça. Alex connaissait la souffrance athlétique, il connaît maintenant la souffrance médicale. Il sait c'est quoi souffrir sous toutes les coutures.

Fort de cette expérience, Alex va maintenant s'attaquer au monde des seniors, en passant par les U-23. À compter de l'automne prochain.

Oh, il ne sera pas très menaçant au début. Pour Devon Kershaw, Ivan Babikov, George Grey et les autres.

Ils feraient quand même bien d'ajuster leurs rétroviseurs.

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