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Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La conclusion de son courriel :

« Je vais continuer de m'entraîner entre les coupes du monde (au lieu de seulement récupérer) pour retarder un peu mon peak et prolonger la fatigue engendrée par les coupes du monde. Je vais prendre encore un petit repos avant les mondiaux et là BANG, je devrais être en top forme pour le 22 février! »

Alex Harvey venait d'apprendre le report des Championnats du monde juniors de ski de fond en raison d'un manque de neige.

Il a dû revoir sa préparation avec son entraîneur Louis Bouchard.

Et c'est exactement comme ça que ça s'est passé. Seulement que la jambe gauche, comme on sait, sérieusement affectée par un problème d'irrigation sanguine, n'a pas suivi et les résultats n'ont pas été aussi spectaculaires que prévus.

N'empêche qu'Alex est ressorti des épreuves individuelles des mondiaux juniors avec une médaille d'argent et deux 4es places. L'argent était son 3e podium à des mondiaux, ce qui fait déjà de lui le fondeur canadien, toutes catégories confondues, le plus titré en championnats du monde.

Sa carrière junior a officiellement pris fin dimanche avec la conclusion des championnats canadiens qu'il a ratés en raison d'une opération à la jambe. Chirurgie incontournable qui lui permettra de recouvrer toute sa forme à temps pour la prochaine saison.

C'est l'heure du bilan. Bilan marqué par une souffrance non contrôlable.

« Quand tout brûle, ton corps au complet, (quand) tu cherches ton air, ça c'est correct. Mais cette douleur à la jambe, c'est pire parce que c'est juste à une place du corps que ça fait mal. »

C'est la douleur « médicale » qui est intolérable. Celle qui ralentit un athlète malgré lui.

Ma collègue Jacinthe Taillon, médaillée olympique, sait de quoi il en retourne. « Tu sais quand Alex te dit "la jambe voulait arracher", c'est une drôle d'expression, mais c'est exactement ça! Ça m'est arrivé avec une épaule. »

Première Coupe du monde

Il y a aussi eu des moments grisants pour Alex cette saison.

Comme sa toute première participation à une Coupe du monde, le 9 février dernier.

« Sur la ligne de départ, tu te dis qu'il y en a plein qui rêvent de seulement pouvoir en faire une. Moi, je suis un junior de 19 ans, pis j'en fais une. Tu te dis que c'est ça la vraie game, c'est ici que ça commence, c'est ça que je veux être et c'est ça que je veux faire. »

La veille, en testant ses skis, il a côtoyé ses idoles. Lukas Bauer était là. Ils étaient tous là. Des médaillés olympiques, des champions du monde, des cuisses grosses comme ça avec des regards de sang derrière les lunettes fumées.

Et puis lui, le p'tit gars de Saint-Ferréol, il faisait la même course qu'eux. Dans la même ligue. Avec les top farteurs. Dans son cas, Yves Bilodeau qui est en plus un grand ami de la famille. Le lendemain, Bauer a gagné la course. Alex a fini 46e. Le meilleur de son âge. Il n'oubliera jamais cette course-là. Pour la première fois, il était avec le top mondial. Il était au top du monde.

Dans sa tête, Alex sait donc qu'il raflait au moins deux médailles d'or aux mondiaux, aux 10 et 20 km. Les entraîneurs aussi. Les adversaires aussi.

Quand il est retourné à sa chambre d'hôtel, après sa médaille d'argent, Alex a enfin pu faire le point sur sa performance. Seul. Dans sa tête à lui.

« Je me suis dit pourquoi que c'est à moi que ça arrive? Pourquoi je devais avoir ces prédispositions-là? J'avais hâte de régler ça. Hâte de revenir avec toutes mes capacités. Hâte de tout mettre sur la table et de montrer ce que je suis capable de faire. »

Cette blessure devait absolument lui arriver. C'était absolument nécessaire. Parce que mentalement, il est passé à travers tout ça sans être affecté. Pour ce genre d'athlète, dans ce genre de sport, c'est capital. Ça lui a permis de passer à la dure le plus gros test de sa vie d'athlète.

Alex Harvey s'était forgé un mental d'acier. C'est rendu de l'acier trempé.

Dans quelque chose de très reluisant.

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