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Lame de fond en France

Radio-Canada

Le débat sur l'euthanasie active refait surface en France avec la demande d'une femme de 52 ans qui veut partir « en faisant la fête, entourée de ses enfants amis et médecins ».

Une femme a relancé le débat sur l'euthanasie en France.

Mercredi, Chantal Sébire a saisi la justice française, par le biais de son avocat, d'une demande exceptionnelle d'euthanasie.

Cette ancienne institutrice, mère de trois enfants, souffre, depuis près de huit ans, d'une tumeur incurable des sinus et de la cavité nasale qui la défigure.

La tumeur appelée esthesioneuroblastome est une maladie très rare. On en a recensé seulement 200 cas dans le monde en 20 ans.

Elle provoque une déformation irréversible du visage et des souffrances que la femme de 52 ans qualifie d'« atroces ».

Sans compter la cécité dont souffre aussi Chantal Sébire depuis le mois de novembre dernier.

Un déluge de réactions ministérielles négatives

Sa demande a provoqué un déluge de réactions chez les ministres français qui ont envahi toutes les tribunes pour manifester leur opposition à la requête de Chantal Sébire.

À commencer par le premier ministre, François Fillon, qui laisse la justice suivre son cours.

Il a déclaré que cette demande provoquait beaucoup d'émotion chez beaucoup de Français.

Puis il s'est arrêté à rappeler l'existence de la loi Léonetti adoptée en 2005, avant de s'en remettre au juge qui doit donner suite à la requête de Mme Sébire lundi prochain.

La ministre de la Justice, Rachida Dati, aussi, n'a pas tardé à réagir en s'opposant à la légalisation de l'euthanasie active en France.

Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des droits de l'Homme, sur le droit à la vie.

Rachida Dati, sur les ondes de France-Inter

Quant à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, elle a fait valoir qu'aucune autorité ne saurait promouvoir l'euthanasie active. La ministre du Logement, Christine Boutin, s'est montrée scandalisée « qu'on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu'elle souffre et qu'elle est difforme ».

Une proposition de Nicolas Sarkozy

Enfin, le président Nicolas Sarkozy, en réponse à la lettre que lui avait adressée Mme Sébire, a proposé que des « professeurs d'université du plus haut niveau » donnent un nouvel avis. Le président voulait s'assurer que toutes les ressources de la médecine sont épuisées.

La résidante de Plombières-lès-Dijon, en Côte-D'or, a remercié le président Sarkozy. Cependant, elle n'ira pas à Paris rencontrer ces médecins. Son état de santé ne lui permet pas ce déplacement.

Vendredi, le procureur général auprès de la Cour d'appel de Dijon, Étienne Daures, a déclaré à l'AFP que le ministère public avait requis l'irrecevabilité de la requête en vertu de la loi française actuelle.

La loi de 2005 en vigueur en France interdit aux médecins de pratiquer l'euthanasie active. Dans certains cas, elle autorise une sorte de droit à mourir par l'arrêt de tout traitement. Cette loi avait été adoptée après la mort d' un tétraplégique de 22 ans, Vincent Humbert, des suites de l'intervention de sa mère et de son médecin.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, LCI.fr, Le Figaro.fr, et Le Monde.fr