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Benoît Laliberté coupable

Radio-Canada

L'ex-patron de la firme informatique Jitec, accusé par l'AMF de délit d'initié et d'avoir manipulé illégalement des titres boursiers, est reconnu coupable de 41 infractions à la Loi sur les valeurs mobilières.

L'ex-patron de la firme informatique Jitec, Benoît Laliberté, a été reconnu coupable de manipulation de titres et de délit d'initié, jeudi après-midi, au Palais de justice de Montréal.

La juge Céline Lacerte-Lamontagne, de la Cour du Québec, a reconnu M. Laliberté coupable de 41 des 48 infractions à la Loi sur les valeurs mobilières dont l'accusait l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Au cours du procès, l'AMF a démontré que Benoît Laliberté avait effectué des opérations sur les titres de sa société en disposant d'informations privilégiées, ce qui est illégal.

L'AMF accusait aussi Benoît Laliberté d'avoir fait miroiter aux investisseurs d'importantes ententes commerciales pour stimuler artificiellement l'achat d'actions de sa firme Jitec. Or, ces faramineuses ententes n'ont jamais eu lieu.

L'homme d'affaires a aussi incité les actionnaires, selon l'AMF, à ne pas vendre leurs actions ou à en acheter d'autres en leur promettant de compenser d'éventuelles pertes.

Ces promesses et ces manipulations de titres ont eu pour effet d'accroître artificiellement la valeur de Jitec. Si bien qu'au début des années 2000, la firme valait plus de 440 millions de dollars. Peu de temps après, sa valeur a littéralement fondu, et les titres ont cessé d'être cotés en 2002.

Les investisseurs floués ont intenté un recours collectif pour tenter de récupérer leur argent.

Pas de prison pour Benoît Laliberté

Benoît Laliberté recevra sa sentence le 6 mai prochain. L'Autorité des marchés financiers (AMF) réclame l'imposition d'une amende de 1,7 million de dollars contre l'homme d'affaires. Il n'est toutefois pas question de prison.

En effet, comme Benoît Laliberté a été accusé en octobre 2004, il a été jugé en vertu de l'ancienne Loi sur les valeurs mobilières, qui ne prévoyait à cette époque que des amendes pour punir ce genre de crime.

Du côté de la défense, les avocats de Benoît Laliberté alléguaient que des témoins ont menti dans cette affaire pour renforcer la démarche de recours collectif intenté contre leur client.

La défense soutient aussi que l'homme d'affaires Herbert Black, qui aurait vendu des blocs d'actions de Jitec à découvert à un prix inférieur au marché, a joué un rôle important dans cette affaire.

À sa sortie de la salle d'audience, l'ex-patron de Jitec s'est dit tout de même satisfait de ne pas avoir été reconnu coupable du chef d'accusation numéro 38, le plus important selon lui, car il prouvait sa bonne volonté dans cette affaire.

Ce chef d'accusation numéro 38 portait sur un communiqué envoyé par M. Laliberté le 8 août 2000 et qui annonçait que Jitec détenait déjà un contrat avec la firme Canada Payphone.

L'ancien PDG de Jitec a aussi entrepris une poursuite de 127 millions de dollars contre l'Autorité des marchés financiers.

Avec les informations de La Presse canadienne