•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le maillon faible de la salubrité

L'émission Enquête de Radio-Canada lève le voile sur un manque de respect des règles d'hygiène, qui causerait la transmission de maladies, comme la salmonelle et la fièvre aphteuse.

Une équipe de l'émission Enquête de Radio-Canada a découvert de sérieux problèmes de salubrité dans l'industrie du transport de bétail. Les risques de transmission de microbes ou de bactéries, comme la salmonelle et la fièvre aphteuse, sont bien connus.

Les images montrent notamment un encan à bestiaux en Ontario, où des peaux, des membres coupés et des restes de bêtes mortes traînent au sol à proximité d'animaux vivants.

« C'est complètement inacceptable », s'exclame Sylvain Quessy, de la faculté de médecine vétérinaire - pathologie et microbiologie à l'Université de Montréal.

Le phénomène n'épargne pas le Québec. C'est le cas en Beauce, montre le reportage, où un chauffeur jette de la litière souillée par des excréments de porc dans le stationnement d'un encan, près d'une piste cyclable.

Risque de transmission de bactéries

« Il faut savoir qu'entre les fentes des roues de camion, il peut s'accumuler suffisamment de matières fécales pour qu'il y ait une transmission de plusieurs dizaines de milliers de bactéries ou de virus », explique le Dr Quessy.

Le patron d'une des plus importantes compagnies de transport au Québec, Gaston Bilodeau, admet que les camions ne sont pas toujours lavés entre deux transports. « Quand on transporte des boeufs, on n'a pas besoin de se nettoyer, on fait seulement enlever le fumier », dit-il.

Sylvain Quessy estime que « c'est complètement injustifié, parce que l'on peut voir facilement une transmission des salmonelles du porc au bovin, au poulet à l'humain ».

Les règles de salubrité varient, selon le type d'animaux convoyés. Cette situation est inquiétante, car transporter du bétail, c'est transporter des maladies, comme la salmonelle.

Le transport, un vecteur de maladies

« Aussitôt que l'animal est en contact avec les déjections, [...] la bactérie envahit son système digestif. Lorsque l'animal est commercialisé, abattu et éviscéré, il y a un risque de contamination », souligne le Dr Quessy.

En 2001, en Grande-Bretagne, plus de 6 millions d'animaux ont dû être incinérés pour enrayer la fièvre aphteuse. Le transport de bétail était parmi les causes de la contamination.

Au Canada, les transporteurs ont la responsabilité de désinfecter leurs camions. Selon les experts en matière de salubrité, le transport du bétail est manifestement le maillon faible de la chaîne alimentaire.

La version intégrale de l'enquête sera présentée jeudi à 21 h à l'émission Enquête sur les ondes de la Télévision de Radio-Canada.

Aucun thème sélectionné