•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

France Monde a maintenant son président

Radio-Canada

L'Élysée annonce la nomination d'Alain de Pouzilhac à la présidence de la société qui regroupera TV5Monde, France 24 et RFI. Les partenaires hors France du projet se réunissent vendredi à Ottawa pour préparer une riposte au projet.

Alain de Pouzilhac présidera la future société qui réunira les participations de l'État français dans TV5Monde, France 24 et Radio France Internationale (RFI).

La journaliste Christine Ockrent, compagne du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a été désignée pour le seconder dans la constitution de cette holding dénommée France Monde.

« Alain de Pouzilhac a vocation à présider cette nouvelle entité, qui sera investie de la mission de moderniser et de dynamiser l'audiovisuel extérieur public français et francophone », précise mercredi l'Élysée dans un communiqué.

Il devra préparer la mise en place « rapide » de la nouvelle entité et définir son plan opérationnel, assorti d'un plan d'affaires pour la période 2009-2013, après concertation avec l'ensemble des acteurs de l'audiovisuel extérieur public français et francophone.

Nomination controversée

La nomination de Mme Ockrent à France Monde suscite déjà une polémique de la part des syndicats de TV5Monde et RFI, qui soulignent un conflit d'intérêts.

Compagne de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, la journaliste serait sous la tutelle du patron du Quai d'Orsay.

Avant même sa nomination, le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez avait répondu à la mi-journée aux éventuelles critiques sur ce choix.

Je pense qu'il serait étonnant qu'on réduise l'ampleur du rôle et de la compétence professionnelle de Christine Ockrent à la question de savoir de qui elle est la femme.

Laurent Wauquiez

Christine Ockrent « est une journaliste extrêmement compétente, reconnue au niveau international », a-t-il ajouté.

Le front des « quatre »

Les partenaires de la chaîne TV5Monde au Canada, au Québec, en Suisse, en Belgique, qui se réunissent à Ottawa en fin de semaine, vont chercher une riposte à la réorganisation par Paris de son audiovisuel extérieur, qui menace, selon eux, l'existence de ce média unique au monde.

Ils doivent être rejoints samedi par des représentants français.

TV5

Financée à 84 % par la France, TV5, diffusée dans 202 pays et revendiquant plus de 25 millions de téléspectateurs, est atypique dans le paysage audiovisuel, bénéficiant de programmes de tous les partenaires francophones qui partagent également le pouvoir de décision.

Tout en se refusant à parler de « front des quatre petits » contre la France, Pascal Sac, porte-parole de la ministre belge de la Culture et de l'Audiovisuel, explique « [qu']on réfléchit à des propositions alternatives à faire à la France pour améliorer TV5 dans certains domaines, si les clarifications de Paris ne sont pas satisfaisantes ».

Depuis plusieurs mois, les partenaires au Canada, au Québec, en Suisse, en Belgique et à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) critiquent le projet français, craignant que TV5 ne devienne « la voix de la France ». La Belgique et la Télévision suisse romande sont allées jusqu'à menacer de se retirer purement et simplement de la chaîne.

À ce stade, pour Ottawa, une chose est sûre: TV5 « doit demeurer un projet commun de la Francophonie ».

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters