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Les attentes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Tandis que le Conseil du patronat veut relancer les investissements au Québec, les syndicats exigent un réinvestissement en santé et en éducation. Tour d'horizon des demandes.

Le cadre budgétaire serré avec lequel la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a dû composer en élaborant son budget ces dernières semaines n'empêche pas les différents groupes de pression de la société civile d'y aller de leurs demandes.

En voici un résumé non exhaustif:

Conseil du patronat du Québec

De manière générale, le porte-voix des entrepreneurs du Québec souhaite que le budget comprenne des incitatifs à l'investissement susceptibles d'améliorer la productivité. Il préconise notamment:

  • l'accélération de l'abolition de la taxe sur le capital, actuellement prévue pour 2011;
  • l'adoption de nouveaux crédits d'impôt à l'investissement et à la formation pour les entreprises. À ce sujet, le CPQ fait sienne une des recommandations du rapport Gagné sur les régions-ressources, soit celle d'abolir les crédits d'impôt sur la masse salariale dont bénéficient les entreprises de ces régions pour la remplacer par des crédits d'impôt à l'investissement. Ces crédits pourraient néanmoins être différenciés pour que les régions-ressources y trouvent leur compte;
  • la prolongation du programme d'amortissement accéléré dont bénéficient les entreprises du secteur manufacturier au-delà de l'actuelle date limite de mars 2009;
  • l'abandon de la hausse prévue du taux de l'impôt sur le bénéfice des sociétés, qui doit passer de 11,4 % à 11,9 % le 1er janvier 2009, voire un retour au taux de 9,9 % en vigueur en 2007 (le taux de 11,9 % est déjà en vigueur pour les entreprises des secteurs bancaire et pétrolier, la ministre Jérôme-Forget l'ayant augmenté dès le 1er juin 2007 lors du dernier budget afin de financer les demandes budgétaires du Parti québécois).

Le milieu syndical

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) préconisent tous deux un meilleur financement de certains programmes sociaux, notamment en éducation et en santé.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, souhaite également que Québec améliore l'intégration des personnes immigrantes, notamment grâce aux programmes de francisation.

La chef syndicale espère en outre que le budget prévoira la création de 20 000 places dans les centres de la petite enfance. Mme Carbonneau a par ailleurs déjà indiqué qu'elle s'opposait à la proposition de l'Action démocratique du Québec de verser une prestation hebdomadaire aux parents qui n'utilisent pas les garderies subventionnées. Cette mesure, dit-elle, incite les femmes à rester à la maison et compromet du coup leur intégration sur le marché du travail.

Le SISP, qui regroupe les syndiqués de la CSQ (enseignants), de la FIQ (infirmières), du SFPQ et SPGQ (fonctionnaires et professionnels du gouvernement), de l'APTS (professionnels et techniciens du secteur de la santé), est d'avis que Québec doit augmenter ses dépenses de 1,4 milliard de dollars en santé et de 925 millions en éducation.

Il demande à la ministre Jérôme-Forget de ne pas hausser les frais de garderies de 7 $ à 8 $ et d'allouer une somme de 100 millions pour des projets visant la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Québec, estime le SISP, devrait financer ces mesures en utilisant le supplément de péréquation de 406 millions annoncé par Ottawa en décembre et en haussant la taxe de vente provinciale.

Le milieu de l'éducation

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) réclame à nouveau un réinvestissement dans le réseau de l'éducation. Elle estime à 400 millions le sous-financement chronique des universités et calcule que le dégel des frais de scolarité ne rapportera que 75 millions à terme.

L'organisme indique que Québec s'est vu attribuer 187 millions de dollars en transferts fédéraux supplémentaires lors du budget fédéral de l'an dernier. Cette somme, dit-elle, doit être ajoutée à la subvention publique des collèges et des universités.

Québec doit en outre réinvestir 200 millions de dollars par année dans le réseau universitaire et garantir le maintien à long terme du financement du plafond actuel de prêts pour éviter une explosion de l'endettement des étudiants les plus pauvres.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) s'attend elle aussi à ce que le gouvernement annonce qu'il réinvestit la somme de 187 millions de dollars en transferts fédéraux dans l'éducation postsecondaire. Il souhaite toutefois que le gouvernement trouve d'autres sources de revenus afin de combler le manque à gagner des universités québécoises, estimé à environ 400 millions de dollars.

Le CREPUQ s'attend également à ce Québec annonce qu'il va assumer à 100 % l'augmentation des coûts du système (qui comprend l'indexation des salaires) et ceux engendrés par l'augmentation de la clientèle.

Les municipalités

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) espère pour sa part que le budget comprendra des mesures visant à venir en aide aux « municipalités dévitalisées », des villes souvent mono-industrielles ou situées en secteur rural, qui sont aux prises avec un exode de leur population. Selon la FQM, le ministère des Affaires municipales a récemment retardé la publication de son plan d'action en expliquant que des mesures seraient annoncées dans le budget.

La Fédération estime qu'environ 400 municipalités peuvent être considérées comme « dévitalisées », dont 170 le sont plus sévèrement, notamment dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, mais aussi en Abitibi-Témiscamingue et en Gaspésie. Ces dernières profiteraient notamment d'une modulation des programmes d'infrastructures, comme le Fonds sur l'infrastructure municipale rurale. Ce dernier fonds préconise que des travaux admissibles soient payés à parts égales par la municipalité, Québec et Ottawa. La FQM souhaiterait que la part des municipalités soit moindre, en raison de leurs revenus limités.

De manière plus générale, la FQM souhaite que le gouvernement accorde de nouvelles sources de revenus aux municipalités. Une option, dit l'organisme, serait que Québec permette aux municipalités de toucher des redevances des entreprises qui exploitent des ressources naturelles sur leur territoire (minicentrales électriques, éoliennes, etc.).

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