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La tendance: à la baisse

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La part des exportations canadiennes vers les États-Unis n'a pas cessé de décliner au cours des cinq dernières années, indiquent les données de Statistique Canada. Détails.

En 2007, notre principal partenaire économique a acheté 79 % des produits canadiens destinés à l'exportation, en dollars de cette année-là. Cinq ans plus tôt, cette proportion dépassait les 87 %, le sommet de la dernière décennie.

« C'est la conséquence directe d'un changement structurel qui provient de la mondialisation, observe Benoit Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins. Les biens en provenance de la Chine et de l'Inde, entre autres, occupent de plus en plus de place dans le panier de consommation des Américains. » Bien souvent au détriment de produits encore récemment manufacturés au Canada.

Signe de cette évolution, le spécialiste de l'économie canadienne rappelle que la Chine a ravi au Canada sa place historique de premier exportateur vers les États-Unis en mai 2007.

Frappé en plein coeur

Le coeur industriel du pays, l'Ontario et le Québec, n'échappe pas à cette lente glissade. Ainsi, la part des exportations internationales de ces deux provinces à destination des États-Unis a fondu de près de 10 % depuis 2002:

  • Québec: 83,5 % (2002) > 74,7 % (2007)
  • Ontario: 93,3 % (2002) > 83,8 % (2007)

Au cours de ces cinq années, l'Ontario a exporté de moins en moins de véhicules, de pièces et de moteurs d'automobiles chez son voisin du Sud.

Quant au Québec, presque tous les secteurs de son industrie manufacturière ont été touchés par l'arrivée massive de produits asiatiques à meilleur marché, signale Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins, spécialisée dans l'économie du Québec.

« Les secteurs à plus faible valeur ajoutée, comme le textile, le vêtement et le meuble, ont été les premiers à s'en ressentir, ajoute-t-elle, mais actuellement, à peu près aucun secteur n'est épargné. » Seuls quelques créneaux d'exportation importants ont le vent dans les voiles, comme l'aluminium et l'aéronautique (avions, moteurs et pièces).

Toutefois, cette tendance à la baisse frappe davantage l'Ontario que le Québec, croit Christian Deblock, directeur du Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation, à Montréal.

« Depuis deux décennies, le Québec a su réorienter sa structure économique vers les services, les secteurs technologiques, des créneaux comme l'aéronautique », poursuit l'économiste de formation et professeur au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal.

L'Alberta fait figure d'exception au pays. Depuis le début du millénaire, la province de l'Ouest a pu maintenir sa proportion d'exportations vers les États-Unis dans la fourchette des 87 % à 89 % grâce à ses riches ressources bitumineuses et gazières, ainsi qu'à la hausse importante du prix de l'énergie. « Ce ne sera pas éternel », pense Christian Deblock.

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