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Manifestation contre le voile

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quelque 100 000 personnes se sont réunies à Ankara pour protester contre un projet de loi du gouvernement turc visant à lever l'interdiction du port du foulard islamique dans les universités.

Quelque 100 000 personnes ont manifesté samedi à Ankara contre le projet de loi du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan qui vise à réautoriser le voile islamique dans les établissements universitaires.

Le port du foulard est totalement interdit dans les administrations et les écoles turques depuis le coup d'État de 1980, où le général Kenan Evren est devenu président de la Turquie.

Scandant « La Turquie est laïque, elle le restera », « Nous sommes tous des soldats d'Atatürk » et « Gouvernement, démission », les manifestants se sont rassemblés au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, le père fondateur de la Turquie moderne et laïque, qui a interdit vers 1923 le port de symboles religieux dans la vie quotidienne.

Bien que la population turque soit musulmane à 99 %, les protestataires craignent que leur pays s'islamise et devienne un « nouvel Iran ».

Le projet de lever l'interdiction du port du voile dans les universités turques a été présenté vendredi au Parlement et est parrainé conjointement par le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002 et issue de la mouvance islamiste modérée, et celui d'opposition, le Parti de l'action nationaliste (MHP).

Le texte de loi doit subir le vote des députés la semaine prochaine. L'AKP et le MHP disposent de la majorité des deux tiers des voix au Parlement, ce qui pourrait faire en sorte que le texte soit approuvé.

Le texte stipule que les étudiantes seraient autorisées à porter le voile à l'université à condition qu'il soit noué sous le menton, afin d'exposer la majeure partie du visage. « Les tchadors, voiles et burqas ne seront pas autorisés », a souligné le dirigeant du MHP, Devlet Bahceli.

Pour l'intégration à l'UE

Le gouvernement turc justifie son projet en disant que des réformes sont nécessaires pour permettre l'intégration à l'Union européenne de la Turquie, souvent critiqué d'ailleurs pour des manquements aux droits humains, notamment en ce qui concerne les femmes.

Pour le l'AKP, l'interdiction du foulard islamique dans les établissements d'enseignement porte atteinte à la liberté de conscience et au droit à l'éducation des femmes, car les étudiantes sont refusées à l'université en raison de leur tenue.

« La Turquie doit aller de l'avant dans le domaine des droits et des libertés. La Turquie est un pays qui est dans l'obligation de mener des réformes politiques pour parvenir à une adhésion entière à l'Union européenne », a déclaré Ali Babacan, chef de la diplomatie turque.

Mais les tenants d'une application stricte du principe de laïcité, particulièrement nombreux dans l'armée, la magistrature et l'administration universitaire, ne voient pas la chose du même oeil.

Des dirigeants d'universités ont estimé vendredi que « les amendements proposés vont accélérer l'éradication du principe républicain de laïcité » et mis en garde contre un risque de « chaos » et d'« affrontements » dans leurs établissements.

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