•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'OTAN devra trouver des renforts

Radio-Canada

Le premier ministre Stephen Harper fait sienne une des recommandations du rapport Manley et conditionne la poursuite de la mission à un déploiement de troupes supplémentaires de l'OTAN.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, conditionne une éventuelle poursuite de la mission des Forces canadiennes en Afghanistan au déploiement d'un contingent supplémentaire de l'OTAN.

Le chef du gouvernement conservateur a déclaré lundi devant les membres de la presse parlementaire qu'il faisait sienne cette recommandation du comité d'experts présidé par John Manley sur l'avenir de la mission canadienne.

« Le gouvernement accepte la recommandation spécifique du panel de prolonger la mission du Canada en Afghanistan si - et j'insiste sur le si - certaines conditions sont respectées, soit avoir des partenaires dans la province de Kandahar avec des troupes de combat additionnelles et un équipement adéquat ».

M. Harper n'a pas été plus précis sur le nombre de troupes supplémentaires qu'il souhaite obtenir ni sur la nature de l'équipement à fournir. Dans son rapport, le comité d'experts a recommandé qu'un groupe tactique de 1000 soldats venant d'un autre pays de l'OTAN vienne appuyer les soldats canadiens.

Le rapport Manley préconisait en outre que les soldats canadiens déployés en Afghanistan reçoivent des hélicoptères de transport et des drones (avions sans pilote) pour des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.

Au sujet de l'envoi de renforts, le premier ministre a annoncé qu'il mènera une offensive diplomatique lors de la prochaine rencontre des chefs de gouvernement des pays membres de l'OTAN, en avril, à Bucarest. Quant à la fourniture d'équipements, le premier ministre a soutenu que des efforts avaient déjà été entrepris en ce sens.

Mieux évaluer les progrès

M. Harper affirme être d'accord avec la conclusion du comité selon laquelle « il ne peut y avoir d'échéance définitive sur le moment où l'OTAN aura terminé son travail en Afghanistan et où les Afghans seront responsables de leur propre sécurité ».

« Cependant, ajoute le premier ministre, la contribution du Canada devrait être revue à tout le moins dans le contexte des progrès réels réalisés [par rapport] aux jalons posés par le panel, et cela, en l'espace de deux à trois ans ».

Le rapport Manley, déposé mardi dernier, avait souligné qu'Ottawa devrait évaluer systématiquement l'efficacité de ses contributions et la mesure dans laquelle les objectifs et les échéances énoncés dans le Pacte pour l'Afghanistan ont été respectés.

Stephen Harper dit avoir appelé M. Manley pour l'informer que le gouvernement acceptait les recommandations de son comité dans les grandes lignes. Il spécifie que le gouvernement commandera ces recommandations de manière plus détaillée dans les prochaines semaines.

Rappelant que le rapport Manley a recommandé au gouvernement de présenter « des rapports plus francs sur les événements qui se déroulent en Afghanistan », des journalistes ont interrogé M. Harper au sujet du moment où il a appris que l'armée canadienne a cessé de transférer des prisonniers aux autorités afghanes. M. Harper a refusé de répondre à cette question, arguant qu'il s'agissait là de décisions opérationnelles relevant de l'armée.

Débat au Parlement dans quelques semaines

La mission des quelque 2500 militaires en Afghanistan doit jusqu'à nouvel ordre se terminer en février 2009. Le gouvernement souhaite la prolonger davantage, mais a déjà fait savoir que le Parlement serait appelé à se prononcer à ce sujet.

Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique s'opposent à cette prolongation, tandis que les libéraux s'opposent à la poursuite de la mission de combat mais ne ferment pas à la porte à ce que le Canada demeure engagé d'une autre manière en Afghanistan.

M. Harper a réitéré lors de sa conférence de presse qu'une motion au sujet de la poursuite de la mission sera déposée ce printemps à la Chambre des communes. Il a toutefois refusé de dire si cette motion sera déposée avant ou après la rencontre des chefs de gouvernement des pays membres de l'OTAN, et si elle sera liée à un vote de confiance.

Le premier ministre a toutefois invité les partis d'opposition à réfléchir à leur position en vue de ce débat qui, dit-il, aura lieu « pas dans plusieurs jours, pas dans plusieurs mois, mais dans plusieurs semaines ». Il a ajouté que, ultimement, le gouvernement devrait prendre une décision en fonction de ce qu'il croit être « l'intérêt supérieur du pays » et non pas en tenant compte de ce qui est populaire.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.