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20 ans après la légalisation

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a deux décennies, le Dr Henry Morgentaler gagnait sa longue bataille, avec un jugement favorable de la Cour suprême. Aujourd'hui, l'accès à l'avortement est-il facile?

Le 28 janvier 1988, la Cour suprême du Canada légalisait l'avortement au Canada. Cette décision survenait 20 ans après que le Dr Henry Morgentaler, porte-étendard de cette cause, eut ouvert sa première clinique à Montréal.

« La capacité de contrôler notre propre reproduction est absolument essentielle, affirme à la Presse canadienne la professeure de droit Sanda Rogers, de l'Université d'Ottawa. Si nous ne pouvons contrôler notre reproduction, nous ne pouvons rien contrôler, ni notre éducation, ni la taille de notre famille, ni notre statut économique. Il est clair que c'était une question cruciale. »

L'onde de choc provoquée par le Dr Morgentaler l'avait même conduit en prison pendant 10 mois pour avoir pratiqué des avortements illégaux. Aujourd'hui, au moment où quelque 100 000 avortements sont pratiqués au Canada chaque année et qu'au moins une grossesse sur trois est interrompue avant terme au Québec, on peut avoir l'impression que la question est réglée.

Mais l'accès à l'avortement est limité au Nouveau-Brunswick: deux hôpitaux offrent le service, ainsi que la clinique Morgentaler à Fredericton. À l'Île-du-Prince-Édouard et en Saskatchewan, l'avortement n'est pas du tout offert.

Des groupes anti-avortement affirment qu'il existe encore un vide juridique quant à la reconnaissance du foetus comme être humain. « C'est une question qui ne sera jamais réglée, ce sera toujours dans la tête des gens », affirme une porte-parole du groupe Respect de la vie, Myriam Tétreault.

La directrice générale de l'Association canadienne pour la liberté de choix, Patricia Larue, souligne pour sa part que seulement un hôpital sur six au Canada offre l'avortement. Des études montrent également qu'il n'existe que 22 cliniques privées qui offrent le service, surtout dans les grands centres urbains.

Plusieurs groupes féministes canadiens estiment que du travail reste à faire pour contrer ce qu'elles décrivent comme une vague de conservatisme au Canada. Des organismes défenseurs du droit à l'avortement déplorent aussi qu'aucun gouvernement fédéral n'ait puni les provinces qui restreignent l'accès à l'avortement.

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