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Le silence est roi

Radio-Canada

Des députés conservateurs réunis en caucus continuent d'affirmer que l'arrêt du transfert de prisonniers aux autorités afghanes est une question opérationnelle qu'ils ne peuvent commenter.

L'arrêt du transfert des prisonniers en Afghanistan aux autorités afghanes, survenu le 5 novembre dernier mais révélé seulement cette semaine, continue d'indisposer les députés conservateurs.

La directrice des communications du premier ministre, Sandra Buckler, a créé une controverse, vendredi, en affirmant que les Forces canadiennes avaient pris cette décision sans en faire part au gouvernement. Elle a toutefois retiré ses propos par la suite, en ajoutant que le bureau de Stephen Harper ne faisait pas de commentaires sur des questions opérationnelles.

Le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion, a toutefois attisé le feu en affirmant qu'il avait été mis au courant de cette décision lors de sa visite en Afghanistan. Il a ajouté que le gouvernement devait donc avoir lui aussi cette information.

De tous les élus conservateurs réunis en caucus à Ottawa, samedi, seuls deux ont accepté de commenter l'affaire. Le secrétaire d'État à l'Agriculture, Christian Paradis, a défendu la réserve du gouvernement, même si le rapport Manley sur l'avenir de la mission canadienne en Afghanistan, déposé cette semaine, réclame plus de transparence.

« Les gens comprennent aussi qu'il y a une question de sécurité dans cela », a-t-il dit. M. Paradis a aussi souhaité qu'on tourne la page au sujet des déclarations de Sandra Buckler. « Mme Buckler s'est excusée, elle a admis avoir commis une erreur. Je pense qu'on devrait passer à autre chose, parce que s'il fallait blâmer chaque personne qui fait une erreur au Parlement, je pense qu'il ne resterait pas grand monde ici », a-t-il souligné.

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a également défendu le silence du gouvernement. « Nous ne dévoilerons pas notre stratégie aux talibans. Nous ne leur révèlerons pas ce que nous faisons et les détails des opérations », a-t-il déclaré.

M. Mackay a par ailleurs affirmé que l'arrêt des transferts est temporaire, et que les prisonniers seront éventuellement remis aux autorités afghanes lorsque l'armée canadienne aura constaté une amélioration dans les conditions de détention au pays.

Christian Paradis a ajouté que le caucus conservateur étudiait le rapport Manley, qui suggère notamment une prolongation de la mission en Afghanistan au-delà de février 2009, pour adopter une position commune. « En caucus, nous faisons un exercice très important. Nous allons nous pencher sur le rapport Manley pour sortir avec une décision qui sera prise et la décision sera soumise au vote éventuellement aux Communes », a expliqué M. Paradis.

Cette réponse du gouvernement au rapport pourrait être présentée officiellement dès la semaine prochaine. Chose certaine, de nombreuses questions de l'opposition au sujet des prisonniers afghans sont à prévoir dès lundi, jour de la reprise des travaux à la Chambre des communes.

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