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La fosse aux mensonges

Radio-Canada

Une étude réalisée par deux associations indépendantes révèle que l'administration Bush a fait des centaines de fausses déclarations dans les deux années suivant les attentats du 11 septembre 2001.

Deux organisations indépendantes dénoncent des centaines de mensonges énoncés volontairement par l'administration Bush pour justifier l'invasion de l'Irak en 2003.

Une étude révèle que le président George W. Bush et de hauts responsables de l'administration américaine ont fait 935 fausses déclarations sur l'Irak et sur la menace qu'il faisait peser sur la sécurité des États-Unis.

Ces déclarations ont été faites au cours des deux années qui ont suivi les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Les auteurs considèrent qu'elles faisaient partie d'une campagne orchestrée qui a galvanisé l'opinion publique. Ils soutiennent que, sous de faux arguments, ce processus a conduit les Américains vers la guerre.

L'étude a été diffusée mardi sur le site web du Centre pour l'intégrité publique (Center for Public Integrity) qui a collaboré avec le Fonds pour l'indépendance en journalisme (Fund for Independance) afin de la réaliser.

Pas de commentaire

Cité par l'Associated Press, un porte-parole de la Maison-Blanche, Scott Stanzel, n'a pas fait de commentaire sur l'étude. Toutefois, il a défendu la position de l'administration Bush selon laquelle la communauté internationale considérait le dirigeant irakien Saddam Hussein comme une menace.

Les actions prises en 2003 étaient basées sur le jugement collectif d'agences de renseignements du monde entier.

Scott Stanzel

Des centaines de fausses déclarations

Les auteurs de l'étude ont relevé au moins 935 fausses déclarations en deux ans. Ils notent que dans des discours, des points de presse, des entrevues et lors d'autres manifestations, le président Bush et plusieurs dirigeants américains ont déclaré sans équivoque à au moins 532 occasions que l'Irak possédait des armes de destruction massive, essayait d'en fabriquer ou de s'en procurer, ou entretenait des liens avec Al-Qaïda.

En plus du président Bush, l'étude cite plusieurs hauts responsables américains qui occupaient diverses fonctions à l'époque. Il s'agit du vice-président Dick Cheney, de la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice, aujourd'hui à la tête de la diplomatie américaine, du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, du secrétaire d'État Colin Powell, du vice-secrétaire à la Défense Paul Wolfowitz et des porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer et Scott McClellan.

Le président Bush arrive en tête avec 259 fausses déclarations. De ce nombre, 231 concernaient les armes de destruction massive en Irak et 28 sur les liens de l'Irak avec Al-Qaïda. Pour Colin Powell, l'étude recense 244 fausses déclarations sur les armes de destruction massive en Irak et 10 sur l'Iran et Al-Qaïda.

Où sont les armes?

Selon des membres du Fonds pour l'indépendance en journalisme qui ont travaillé sur l'étude, Charles Lewis et Mark Reading-Smith, le fait que l'Irak ne possédait pas d'armes de destruction massive et n'avait pas de liens significatifs avec Al-Qaïda n'est plus contesté de nos jours. Ils ajoutent que l'administration Bush a mené les États-Unis vers une action militaire contre l'Irak sur la base d'informations erronées qui ont été propagées méthodiquement.

L'étude a été réalisée à partir d'une base de données composée des déclarations publiques prononcées dans les deux années qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. Elle intègre également des informations provenant de plus de 25 rapports gouvernementaux, livres, articles, discours et entrevues.