•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réactions critiques

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les premiers commentaires relativement au document sur la mission canadienne en Afghanistan mettent en doute le travail du groupe d'experts. Le NPD et le Bloc québécois s'opposent à tout prolongement.

En réaction au rapport Manley, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, a réaffirmé sa position exigeant un retrait des Forces canadiennes de l'Afghanistan, car, selon lui, cette mission est un échec.

« Nous sommes contre un prolongement indéfini de la mission [...]. Cette mission est non seulement mauvaise pour le Canada, mais elle est aussi mauvaise pour l'Afghanistan, car la situation est pire que ce qu'elle était il y a plusieurs années », a déclaré le chef néo-démocrate.

M. Layton a indiqué que le gouvernement Harper était en déphasage avec les Canadiens qui, comme l'indiquent les sondages, sont contre la présence canadienne en Afghanistan.

Toutes les troupes de l'OTAN doivent se retirer de l'Afghanistan, a plaidé le chef du NPD, qui veut que l'ONU lance un plan de paix complet pour cette région.

Pour M. Layton, « les conditions sont pires » en Afghanistan et cela ressort, d'après lui, du rapport Manley. Il s'est d'ailleurs interrogé sur la pertinence de recommander de continuer sur la même voie « quand l'évidence montre que ça ne fonctionne pas comme il faut ».

Le Bloc québécois critique

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi exprimé des réserves sur le rapport Manley.

Pour lui, « le rapport Manley ouvre la porte pour une présence [militaire] indéfinie » en Afghanistan. Il soupçonne Stephen Harper de vouloir gagner du temps, et obtenir une majorité, tout en demeurant flou sur cette question.

M. Duceppe a proposé la tenue d'un vote à la Chambre des communes « le plus tôt possible » sur la mission militaire canadienne en Afghanistan. Il a souhaité que ce vote se tienne en février ou en mars, avant la conférence de l'OTAN prévue le 2 avril, et ce, pour que le Canada puisse informer à temps ses alliés de son retrait de l'Afghanistan en février 2009.

Quoi qu'il en soit, le Bloc québécois est opposé au prolongement de la présente mission au-delà de cette échéance. M. Duceppe a indiqué que d'autres pays devaient prendre la relève.

Il a rappelé par ailleurs d'autres recommandations faites, il y a une année, par son parti, comme le rééquilibrage de la mission entre efforts humanitaires et militaires, la nomination d'un haut représentant de l'ONU pour coordonner l'aide humanitaire, et la tenue d'une conférence internationale sur l'avenir de l'Afghanistan.

Dion réagira plus tard

Pour sa part, le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Stéphane Dion, a refusé d'émettre des commentaires avant d'avoir lu le rapport de 90 pages.

« J'en ai pris connaissance, mais je ne l'ai pas lu. [...] Nous réagirons après l'avoir lu », a répété M. Dion en marge du caucus de son parti en Ontario.

Le chef libéral s'est borné à rappeler la position du PLC, qui milite pour la fin de la mission de combat en Afghanistan en février 2009, tout en poursuivant le partenariat en matière de développement et de sécurité avec les autorités afghanes.

Assailli par les questions des journalistes, Stéphane Dion s'est gardé de s'exprimer sur les recommandations du rapport Manley et sur la possibilité pour son parti de changer de position à la lumière de ces propositions.

« J'ai toujours un esprit ouvert », a-t-il lâché toutefois, tout en préconisant qu'un autre pays de l'OTAN prenne le relais du Canada à Kandahar.

Des recommandations dépassées

Sur les ondes de RDI, le lieutenant-colonel à la retraite Gilles Paradis a estimé que plusieurs recommandations du rapport Manley « sont périmées ». Il a cité comme exemple « l'effort accru de réformer l'armée afghane », une tâche à laquelle, a-t-il rappelé, le général Laroche s'est attelé depuis son arrivée l'été dernier en Afghanistan.

« [Le général Laroche] a transféré une partie du contingent canadien pour en faire des aviseurs auprès des troupes afghanes », a expliqué M. Paradis.

D'autres éléments du rapport sont aussi dépassés aux yeux de Gilles Paradis, comme la proposition d'envoyer 1000 soldats supplémentaires de l'OTAN à Kandahar. Il a fait remarquer que les Américains ont annoncé l'envoi de 3200 militaires dans la région et que les Britanniques ont transféré des soldats de l'Irak en Afghanistan.

En somme, pour M. Paradis, certaines recommandations sont déjà en oeuvre depuis six mois.

Une guerre inutile

Plus incisif, Raymond Legault, du Collectif Échec à la guerre, a indiqué que le groupe d'experts mené par M. Manley « n'est pas indépendant ». Il a souligné que « ses membres sont liés au milieu d'affaires canadien, en particulier les entreprises des secteurs militaire et pétrolier, qui ont des enjeux stratégiques ».

M. Manley et Derek Burney, l'ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, « ont été associés depuis plusieurs années au nouveau partenariat avec les États-Unis », a affirmé M. Legault.

Cela pour la forme. Pour ce qui est du fond, il a précisé que « ni la guerre en Afghanistan ni celle en Irak n'ont été approuvées au préalable par le Conseil de sécurité de l'ONU [...] ».

La présence canadienne en Afghanistan, depuis l'automne 2001, répond, selon Raymond Legault, à des motifs qui n'ont rien à voir avec la protection des libertés individuelles et des droits de la personne, notamment ceux de la femme.

De plus, il a jugé que les alliés afghans du Canada « ne sont pas plus respectueux des droits des femmes et de la bonne gouvernance que l'étaient les talibans ».

Pour le militant du Collectif Échec à la guerre, la guerre en Afghanistan n'est autre que l'expression du désir des Américains d'avoir « une présence militaire permanente des deux côtés de l'Iran, car c'est le prochain pays dans leur mire ».

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.