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Ottawa ménage ses amis

Radio-Canada

Maxime Bernier présente des excuses après la divulgation d'un document interne du ministère des Affaires étrangères, qui classe les États-Unis et Israël dans une liste de pays possiblement tortionnaires.

Un document interne du ministère des Affaires étrangères, destiné à la formation des diplomates canadiens et divulgué plus tôt cette semaine, a mis Ottawa dans l'embarras.

À la rubrique « torture », le document fait mention des techniques d'interrogatoire américaines qui incluent la nudité forcée, l'isolement et la privation de sommeil. Israël est aussi dans la liste des pays possiblement tortionnaires.

Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a réagi à la publication de ces informations, en présentant, par voie de communiqué, ses excuses aux autorités américaines et israéliennes. « Ce document contient une liste qui inclut par erreur certains de nos plus proches alliés. J'ai demandé que le manuel soit réexaminé et réécrit. Ce manuel n'est ni un document de politique ni un énoncé de politique. Par conséquent, il n'exprime ni l'opinion ni la position du gouvernement », écrit-il.

L'ambassadeur américain à Ottawa, David Wilkins, qui a reçu les excuses du ministre Bernier vendredi, réitère que les États-Unis ne pratiquent pas la torture. Il ajoute qu'il est satisfait de la réaction du gouvernement.

Autre son de cloche chez Amnistie internationale. L'organisme accuse le Canada de passer de l'ignorance à l'ineptie en niant qu'il y a des cas de torture aux États-Unis ou en Israël. « Arrêtez de faire des brèches dans les conventions sur lesquelles vous vous êtes engagés. Il est temps, maintenant, de poser des gestes. Et [...] ce manuel de formation, aurait été un geste, et assumez-le », lance Béatrice Vaugrante, directrice générale de la section francophone d'Amnistie internationale Canada.

Ménager ses amis en public

Toutefois, pour François Crépeault, directeur scientifique du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal, la réaction du Canada est tout à fait normale. Selon lui, un pays ne doit pas embarrasser publiquement ses alliés.

D'ailleurs, selon M. Crépeault, cette controverse ne changera rien au contenu de la formation des diplomates canadiens. Il estime que l'information, même si elle n'est plus écrite dans les manuels, sera quand même transmise aux diplomates.

Parmi les autres pays figurant sur la liste, on retrouve notamment l'Afghanistan, Cuba, l'Égypte, l'Iran, l'Arabie saoudite, le Mexique et la Syrie.

Aux États-Unis, la CIA a récemment été sous les feux des projecteurs, après avoir admis que des bandes vidéo d'interrogatoires de suspects de terrorisme, menés en 2005, sur lesquelles des enquêteurs utilisaient des techniques controversées, avaient été détruites. Ces méthodes sont réputées musclées et comprendraient la simulation de noyade, aussi appelée technique de la « baignoire » (waterboarding).