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Frédéric Arnould

Radio-Canada

Il est volubile et il parle vite. Même à Kandahar, d'où il appelle pour prendre des dispositions sur son carnet de voyage.

Car, pour la première fois, un journaliste de Radio-Canada écrira un carnet spécialement pour ce dossier pendant son séjour en Afghanistan.

Frédéric Arnould, reporter national qui couvre la Colombie-Britannique à partir de Vancouver, est en Afghanistan depuis mardi.

Il restera dans ce pays en guerre cinq semaines.

Intégré à l'armée. Presque enrôlé, si on en juge par la description qu'il fait de son intégration aux Forces canadiennes dans son premier carnet.

Avant cette expérience, il n'était jamais allé dans un pays en guerre. « Je suis déjà allé au Kosovo en 2000, dans le cadre de l'effort de reconstruction. Mais je ne suis jamais allé dans un pays en guerre », dit-il avec le calme et l'assurance qu'on retrouve habituellement chez un vieux routier.

Un long périple

Quand on lui demande ses premières impressions, il répond que « d'abord, il faut y arriver. C'est un très long voyage. Je partais de Vancouver. Il a fallu 10 heures jusqu'à Francfort. Là, trois heures d'attente. Ensuite, il y a eu un vol de six heures jusqu'à Dubaï. J'y ai passé une nuit. Il y a eu beaucoup de problèmes avec l'avion et la météo au départ. Nous étions à l'aéroport à 4 heures pour un départ à 6 heures. Finalement, nous avons décollé à 14 heures. L'avion était un vieux coucou, un Boeing 737 des années 70. Juste avant de décoller, on a ramené la rampe d'accès et on a vu arriver un technicien avec un tournevis. Ça a pris 15 minutes. Nous n'avons pas su quel était le problème. C'était un soulagement d'arriver à Kandahar ».

Quand la bureaucratie va...

À l'arrivée, malgré la fatigue, son caméraman Michel Durand et lui ont dû subir la bureaucratie militaire. Cela a tellement marqué notre journaliste qu'il en a fait le sujet de son premier carnet de voyage.

« Quand on est embedded, on doit se soumettre à des règles. Un militaire nous a dit: « On est une des nations les plus démocratiques au monde, mais, nous, on n'est pas une démocratie ».

Frédéric ajoute que le militaire a été clair : « Tu ne peux pas dire ceci, parler de ça. Tu ne peux pas montrer ça ». « C'est très contrôlé, très lourd à gérer », dit-il.

Responsable du pool d'images

Non seulement y a-t-il eu le briefing de l'armée à subir, mais aussi Michel Durand et lui ont dû prendre en charge le pool d'images dès leur arrivée.

Un pool est une entente que des réseaux de télévision passent pour confier à l'un d'entre eux la responsabilité de tourner, monter et alimenter des images vers chacun des réseaux qui font partie du pool. Le but: économiser de l'argent.

L'équipe responsable du pool juste avant eux était déjà repartie à leur arrivée. En conséquence, Michel et Frédéric n'ont pu bénéficier d'une période de transition et d'un transfert de connaissances. « On part à zéro. Au sortir de l'avion, on nous a dit: "Il y a quelque chose". On a eu une heure pour se préparer à tourner ». Il ajoute avec modestie: « On n'a rien manqué. On a été capables de monter et d'alimenter dans les délais ».

Or, c'était la première fois que Michel Durand et Radio-Canada étaient responsables du pool d'images. À cause des coûts, les quatre grands réseaux canadiens de télévision, CTV, Global, CBC et Radio-Canada, ont décidé d'unir leurs forces pour la couverture du conflit. « C'est notre tour de gérer le pool. C'est très particulier. C'est la première fois que ça m'arrive », dit le journaliste.

C'est une lourde responsabilité. Michel et Frédéric sont responsables de toutes les images qui seront diffusées au Canada sur les opérations militaires canadiennes en Afghanistan au cours des cinq prochaines semaines.

Au cours de la conversation, Frédéric nous apprend qu'il est le seul journaliste télé canadien présent en Afghanistan. CBC a rappelé son journaliste qui était là depuis cinq semaines.