Une récession attendue en 2008
Deux jours après une prévision similaire de la maison de courtage Merril Lynch, la banque Goldman Sachs s'attend à ce que les États-Unis soient frappés en 2008 par leur première récession depuis 2001. Son de cloche différent à Toronto.
À deux jours d'un très attendu discours du président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, la banque Goldman Sachs a estimé, mercredi, que la conjoncture économique actuelle laisse entrevoir une possible récession aux États-Unis en 2008.
« Les chiffres récents laissent supposer que l'économie américaine est en train de tomber dans la récession », ont indiqué les analystes de Goldman Sachs dans une note de conjoncture publiée mercredi.
Selon ces derniers, il est fort possible que la récession, « relativement douce par rapport aux normes historiques », s'étende sur deux ou trois trimestres consécutifs.
Récession
Une économie nationale est en récession lorsqu'elle enregistre au moins deux trimestres consécutifs où la croissance stagne ou diminue.
La maison de courtage Merril Lynch laissait entendre un son de cloche similaire, lundi dernier, et les analystes s'attendent maintenant à ce que le grand argentier des États-Unis annonce de nouvelles baisses de ses taux d'intérêt.
Goldman Sachs, à ce propos, prévoit que la Réserve fédérale cherchera à contrer la récession en diminuant énergiquement ses taux d'intérêt, les faisant passer de l'actuel 4,25 % à 2,5 % d'ici la fin de l'année.
Les difficultés de l'économie américaine, minée par une crise des prêts hypothécaires à risque qui a frappé tous les secteurs immobilier et bancaire du pays l'an dernier, pourraient se propager rapidement dans le monde et, selon plusieurs observateurs, faire ralentir l'économie mondiale.
La Banque mondiale, mercredi, estimait que la croissance globale serait freinée, en 2008, par les États-Unis, première économie mondiale. Ses analystes prévoient que le taux de croissance de l'économie mondiale ne franchira que la barre des 3,3 % en 2008, et ce, malgré la solide performance attendue encore une fois des pays en développement.
Économie au ralenti
Les économistes des cinq grandes banques canadiennes, réunis à l'Economic Club de Toronto, ont écarté, eux, le risque d'une récession aux États-Unis ou au Canada. Ils entrevoient toutefois un ralentissement économique dans les deux pays au cours de l'année.
L'économiste en chef à la Banque TD, Don Drummond, prévoit une croissance économique anémique pour le premier trimestre de 2008. Selon lui, on se sentira comme si on était en récession, qu'on le soit ou pas.
Les cinq économistes s'accordent pour dire que cette faiblesse de la croissance résulte de la crise immobilière aux États-Unis et du piétinement de l'économie américaine.
De son côté, l'économiste en chef à la Banque Scotia, Warren Jestin, a prévenu les manufacturiers qu'ils devront s'habituer au fait que le dollar canadien restera généralement haut.
« La volatilité fera partie du tableau, dorénavant. »