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Quand suicide rime avec modernisation

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les études du chercheur Jack Hicks permettent d'établir un lien entre la modernisation et le taux élevé de suicides chez les Inuits.

Une étude établit une corrélation entre les taux de suicide chez les Inuits d'Alaska (États-Unis), du Groenland (Danemark) et du Nunavut (Canada) et la période au cours de laquelle leurs gouvernements respectifs les encourageaient à renoncer au nomadisme et à vivre en sédentaires.

Dans un article paru récemment dans la revue Indigenous Affairs, le chercheur Jack Hicks explique que, dans ces trois pays, les taux de suicide ont commencé à grimper au sein de la première génération d'Inuits nés en ville. Il s'agit des enfants de ceux qui avaient vécu uniquement des ressources de la terre.

Une tendance marquée dans le temps

Cette tendance a commencé à se manifester dans le nord de l'Alaska dans les années 60, au Groenland dans les années 70 et au Nunavut dans les années 80.

Ces années correspondent aux périodes où les différents gouvernements nationaux ont commencé à avoir un impact sur le mode de vie de leurs populations inuites.

Chaque année, des dizaines de jeunes Inuits mettent fin à leurs jours. Cette recherche qui compare les tendances au suicide dans différentes régions de l'Arctique permet de mieux comprendre les racines de ce problème social.

Historiquement, les taux de suicide chez les Inuits étaient plutôt bas. Ainsi, selon les données qu'il a pu consulter, Jack Hicks rapporte qu'au cours des années 60, il n'y aurait eu qu'un suicide dans la région qui correspond maintenant au Nunavut. De plus, chez les Inuits, les suicides se produisaient surtout chez les personnes âgées et malades.

Les années 60 ont marqué le dernier sursaut de la culture ancestrale et du mode de vie traditionnel, avant que tous les Inuits n'aillent vivre en communautés.

Plus de suicides qu'ailleurs

De nos jours, le taux de suicide au Nunavut est onze fois plus élevé que la moyenne nationale. Au moins une vingtaine d'Inuits s'enlèvent la vie chaque année. Pour la plupart, il s'agit de jeunes hommes.

Le chercheur, qui est un candidat au doctorat de l'Université du Groenland et qui est installé à Iqaluit, considère que la plupart des familles inuites sont saines et heureuses. Toutefois, il croit que la modernisation, en modifiant radicalement la manière dont les Inuits vivaient depuis des siècles, a engendré de l'incertitude chez certains parents à propos de leur rôle dans un monde nouveau. Cette situation les rend alors incapables de fournir à leurs enfants des modèles de comportement convaincants.

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