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Bhutto assassinée

Radio-Canada

L'ex-première ministre meurt dans un attentat-suicide perpétré lors d'une assemblée électorale en banlieue d'Islamabad. Des manifestations violentes éclatent partout au pays et l'opposant Nawaz Sharif annonce le boycottage des élections.

L'ex-première ministre du Pakistan Benazir Bhutto, dirigeante du Parti du peuple pakistanais (PPP), a été tuée, jeudi, lors d'un attentat-suicide perpétré au terme d'une réunion électorale de son parti à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad. Elle a succombé à ses blessures à l'hôpital.

Selon la police, le kamikaze a d'abord tiré sur Mme Bhutto, l'atteignant au cou, avant de se faire sauter.

« Selon nos informations, elle est décédée, un fragment de la bombe l'a apparemment touchée », a précisé un porte-parole du ministère de l'Intérieur, qui a ajouté que « le kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui pendant que les gens quittaient la réunion ».

Au moins une vingtaine d'autres personnes ont été tuées dans cet attentat. Immédiatement après le drame, plusieurs corps déchiquetés gisaient sur la route.

Le président Pervez Moucharraf a appelé à la paix quelques heures après la mort de Benazir Bhutto. Il a aussi invité ses concitoyens à rester calmes pour « que les desseins diaboliques des terroristes soient mis en échec ».

M. Moucharraf a présidé jeudi soir une réunion d'urgence de son gouvernement et des autorités militaires. Il a annoncé trois jours de deuil durant lesquels les drapeaux seront mis en berne.

Nawaz Sharif exige le départ du président

En réaction à l'assassinat de Benazir Bhutto, l'opposant pakistanais Nawaz Sharif, chef de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) a annoncé que son parti boycotterait les élections législatives prévues le 8 janvier.

« Le PML-N boycotte le scrutin après l'assassinat de Benazir Bhutto », a-t-il déclaré pendant une conférence de presse. M Sharif a également réclamé la démission de Pervez Moucharraf. « J'exige que Moucharraf quitte le pouvoir, sans délai et avant 24 heures, pour sauver le Pakistan ».

« Des élections libres ne sont pas possibles en présence de Moucharraf », a-t-il ajouté, l'accusant d'être « à l'origine de tous les problèmes ». Nawaz Sharif a également appelé à une grève générale vendredi. « Tous les Pakistanais sont choqués, du commerçant au chauffeur routier, chaque personne ordinaire, et quiconque se joindra cette grève exprimera ainsi sa solidarité avec tout le pays ».

Ennemis politiques de longue date, Benazir Bhutto et Nawaz Sharif avaient récemment décidé d'unir leurs forces pour s'opposer à Pervez Moucharraf. Ils avaient tous les deux occupé les fonctions de premier ministre. Tout comme Mme Bhutto, M. Sharif est rentré d'exil récemment. Il avait été renversé il y a huit ans par un coup d'État de M. Moucharraf.

Nawaz Sharif, qui dirige le deuxiéme parti de l'opposition en importance derrière le PPP de Mme Bhutto, avait promis quelques heures plus tôt aux Pakistanais, devant l'hôpital où l'ex-première ministre a succombé à ses blessures, dans la banlieue d'Islamabad, « de mener leur guerre » contre le pouvoir de M. Moucharraf.

Ce dernier a été réélu le 6 octobre pour un second mandat de président par les assemblées nationales et provinciales sortantes, mais il a besoin d'une majorité aux prochaines élections pour pouvoir continuer à diriger le pays.

Manifestations

L'assassinat de Benazir Bhutto a provoqué la colère de ses partisans, qui sont sortis dans les rues dans plusieurs villes du pays, dont Peshawar. Ils ont scandé des slogans hostiles au président Moucharraf, accusé par certains de complicité dans l'assassinat de l'ex-première ministre.

Au moins 10 personnes ont trouvé la mort au cours de ces émeutes, selon le ministère de l'Intérieur. Les violences se propagent dans plusieurs régions du pays.

À Karachi, des commerçants ont rapidement fermé boutique pendant que des partisans de la formation de Mme Bhutto mettaient le feu à des pneus sur les routes.

Dans la ville de Jacobabad, située dans la province de Sindh, la Cour principale et d'autres bâtiments ont été incendiés par des manifestants en colère, qui ont bloqué des routes.

Des portraits du premier ministre pakistanais Mohammedmian Soomro, natif de cette ville, ont été également brûlés.

Un retour au pays mouvementé

Mme Bhutto a déjà échappé à un attentat, le 18 octobre dernier. Deux kamikazes avaient alors tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, le retour de l'ex-première ministre après six années d'exil.

Elle n'avait pas hésité à accuser des « hauts responsables » proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'avoir comploté cet attentat.

Les autorités ont multiplié depuis les avertissements, faisant état d'informations selon lesquelles les terroristes islamistes voulaient attenter à la vie de l'opposante.

L'ex-première ministre était à la tête du PPP, principal parti d'opposition au président Pervez Moucharraf avec lequel elle avait négocié un accord de partage du pouvoir, qui lui avait permis de rentrer d'exil. Une amnistie mettait fin à des poursuites pour corruption à l'époque où elle dirigeait le pays. Les rapports entre Mme Bhutto et M. Moucharraf se sont toutefois détériorés depuis l'instauration de l'état d'urgence, le 3 novembre.

L'attaque de jeudi s'ajoute à une série record d'attentats-suicides au Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts en 2007.

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