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Bhutto assassinée

Radio-Canada

L'ex-première ministre meurt dans un attentat-suicide perpétré lors d'une assemblée électorale en banlieue d'Islamabad. Au moins 16 autres personnes sont tuées.

Benazir Bhutto a été tuée jeudi lors d'un attentat-suicide perpétré au terme d'une réunion électorale de son parti à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad. Elle a succombé à ses blessures à l'hôpital.

L'information a été confirmée par le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Javed Cheema, et par un responsable du parti de Mme Bhutto.

Selon la police, le kamikaze a d'abord tiré sur Mme Bhutto, l'atteignant au cou, avant de se faire sauter.

« Selon nos informations, elle est décédée, un fragment de la bombe l'a apparemment touchée », a précisé le porte-parole, qui a ajouté que « le kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui pendant que les gens quittaient le meeting ».

Au moins 16 autres personnes ont été tuées dans cet attentat. Immédiatement après le drame, plusieurs corps déchiquetés gisaient sur la route.

Le président Moucharraf a appelé à la paix quelques heures après la mort de Benazir Bhutto. Il a aussi invité ses concitoyens à rester calmes pour « que les desseins diaboliques des terroristes soient mis en échec ».

M. Moucharraf a présidé jeudi soir une réunion d'urgence de son gouvernement et des autorités militaires.

Manifestations

L'assassinat de Benazir Bhutto a provoqué la colère de ses partisans, qui sont sortis dans les rues dans plusieurs villes du pays, dont Peshawar. Ils ont scandé des slogans hostiles au président Moucharraf, accusé par certains de complicité dans l'assassinat de l'ex-première ministre.

Environ quatre policiers ont été blessés par balle et 20 maisons brûlées dans un village. Les violences s'étendent à tout le pays.

À Karachi, des commerçants ont rapidement fermé boutique pendant que des partisans de la formation de Mme Bhutto, le Parti du peuple pakistanais (PPP), mettaient le feu à des pneus sur les routes.

Dans la ville de Jacobabad, située dans la province de Sindh, la cour principale et d'autres bâtiments ont été incendiés par des manifestants en colère, qui ont bloqué des routes.

Des portraits du premier ministre pakistanais Mohammedmian Soomro, natif de cette ville, ont été également brûlés.

Cible d'un deuxième attentat

Mme Bhutto a déjà échappé à un attentat, le 18 octobre dernier. Deux kamikazes avaient alors tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, le retour de l'ex-première ministre après six années d'exil.

Elle n'avait pas hésité à accuser des « hauts responsables » proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'avoir comploté cet attentat.

Les autorités ont multiplié depuis les avertissements, faisant état d'informations selon lesquelles les terroristes islamistes voulaient attenter à la vie de l'opposante.

L'ex-première ministre était à la tête du PPP, principal parti d'opposition au président Pervez Moucharraf avec lequel elle avait négocié un accord de partage du pouvoir, qui lui avait permis de rentrer d'exil. Une amnistie mettait fin à des poursuites pour corruption à l'époque où elle dirigeait le pays.

Les rapports entre Mme Bhutto et M. Moucharraf se sont toutefois détériorés depuis l'instauration de l'état d'urgence, le 3 novembre.

Cette attaque s'ajoute à une série record d'attentats-suicide au Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts en 2007.

La Russie, les États-Unis, l'Italie, la France, la Grande-Bretagne, l'Inde et bien d'autres pays ont condamné l'assassinat de l'ex-première ministre.