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Caucus et primaires

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Première étape du marathon électoral menant à l'élection présidentielle, la « saison » des caucus et des primaires s'étale de janvier à juin. Pour établir un parallèle avec notre système politique, il s'agit d'une forme de « course à la direction » pour les deux principales formations politiques, les républicains et les démocrates, qui a lieu dans chacun des État, à des dates qui diffèrent.

Pour cette campagne, le calendrier a été bousculé par des États qui ont avancé la date du vote afin d'influencer le cours des élections. Cependant, cette décision a provoqué une réaction en chaîne, puisque plusieurs autres États où le vote aurait ainsi eu lieu plus tard ont à leur tour avancé le scrutin.

Cela ne s'est pas fait sans heurts: chez les démocrates, les États de Floride et du Michigan ont tenu des primaires, dont les résultats ne seront pas pris en compte parce que les autorités locales du parti ont fixé une date de scrutin qui n'avait pas été autorisée par la direction nationale.

Parce que les primaires et les caucus sont très nombreux à se succéder dans une courte période, les candidats peuvent difficilement faire campagne dans tous les États. Il est donc fréquent qu'ils ne participent pas à une primaire ou à un caucus qu'ils ont peu de chances de remporter ou qui leur rapportera moins de délégués. Pour passer leur message dans tous les États, ils doivent donc compter sur les médias. Mais l'argent dont dispose un candidat influe de façon déterminante sur sa visibilité dans les médias et sur l'efficacité de sa campagne.

S'il fallait choisir un mot pour décrire le processus des caucus et des primaires, ce serait « complexe ».

L'idée qui résume le mieux cette étape, c'est que les règles de sélection des candidats à la présidence sont multiples, puisqu'elles varient d'un État à l'autre. De façon générale, les élections relèvent d'ailleurs des États.

La majorité d'entre eux organisent des élections primaires, mais le mode des caucus est encore utilisé. Ce sont en fait des délégués - certains élus et d'autres non - [voir plus bas], qui voteront à la Convention nationale du parti pour le candidat qui représentera leur formation à l'élection présidentielle.


LES CAUCUS OU COMITÉS DE PARTI

Qui vote lors des caucus?

Ce sont les membres du parti, et non les électeurs, qui se prononcent. Au fil des années, les partis ont eu tendance à délaisser ce mode de sélection moins démocratique. Dans les faits, les responsables locaux et les militants de chaque formation politique exercent un grand pouvoir dans le choix du candidat que les délégués appuieront lors de la convention nationale de leur parti. En somme, le résultat est entre les mains de l'« establishment » du parti.

Comment se déroule un caucus?

Cela dépend des États. Certains États ont un caucus à une seule étape, qui équivaut à une convention de l'État.

Ailleurs, le caucus englobe les diverses réunions successives dans un État. À chaque étape, les membres du parti élisent des délégués; les gagnants se présenteront à la phase suivante, un peu comme s'il s'agissait de séries éliminatoires adaptées à la sauce politique.

Mais la majorité des États qui tiennent des caucus le font plutôt en deux étapes, commençant leurs consultations au niveau du district électoral avant d'aboutir à la convention de l'État.

Dans les deux cas, c'est à la convention de l'État qu'on choisit les délégués que l'État enverra à la convention nationale du parti.


LES PRIMAIRES

Qui vote lors des primaires?

Ce sont les électeurs qui votent, mais pas nécessairement tous ceux qui sont inscrits sur la liste électorale. Cela varie selon que l'État a une primaire dite « ouverte » ou « fermée ». Dans tous les cas, le taux de participation n'est jamais très élevé, mais la représentativité est évidemment plus grande que lors des caucus.

Primaire « fermée »: seuls les électeurs qui affirment leur allégeance à un parti politique précis peuvent participer à la primaire de ce parti. Théoriquement, les citoyens démocrates se prononcent sur les candidats démocrates, et les citoyens républicains sur les candidats républicains. Ils n'ont toutefois pas besoin d'être membres du parti pour voter. La plupart des élections primaires se déroulent ainsi.

Primaire « ouverte »: dans ce cas, tout électeur peut voter à la primaire d'un parti, même s'il ne compte pas voter pour ce parti lors de l'élection présidentielle. Toutefois, un électeur ne peut voter qu'à une seule primaire. Les électeurs indépendants peuvent participer, tout comme les adeptes du parti adverse! Ainsi, un républicain pourrait participer à une primaire démocrate en votant pour le candidat qui a le moins de chances de remporter l'élection présidentielle contre le candidat du parti qu'il soutient. Ces primaires sont appelées « cross over primaries ».

Pour qui les électeurs votent-ils?

Dans certaines primaires, les citoyens votent directement pour le candidat qu'ils veulent voir à la présidence, mais dans la plupart des cas, ils votent pour des délégués qui affichent leur soutien à un des candidats présidentiels. Enfin, dans certaines primaires, les électeurs votent à la fois pour l'aspirant à la présidence qu'ils appuient et pour des délégués.


LES DÉLÉGUÉS

Les délégués sont-ils obligés de respecter les préférences des électeurs?

Ici encore, cela dépend...

Dans certaines primaires, la loi oblige les délégués à appuyer le candidat présidentiel qui obtient le plus grand nombre de votes dans leur district. Comme l'explique Gérald Bernier, professeur titulaire de sciences politiques à l'Université de Montréal, maintenant retraité, « Dans la plupart des cas, les délégués ont déjà indiqué le nom de leur favori, mais dans certains États, ils ne sont pas tenus de voter pour lui lors de la convention. En général, ils s'engagent à le soutenir pendant au moins deux tours de scrutin lors de la convention nationale du parti. Si un candidat à la présidence se retire de la course, il indique à ses commettants qui il appuie, s'il appuie un autre candidat. Sinon, les délégués sont libres de choisir le candidat de leur choix. »

Ailleurs, les primaires ne servent que d'indicateur. « Dans quelques États, on a une espèce de concours de beauté », explique le professeur Gérald Bernier. « Ils tiennent ce qu'ils appellent une non binding presidential primary (primaire présidentielle non contraignante). C'est une consultation pour connaître la préférence de la population.

Considérée comme une primaire, cette consultation est suivie, la plupart du temps, par un caucus. Encore une fois, on veut prendre position face aux médias, qui veulent avoir des résultats. C'est le cas au Vermont, ou dans le district de Columbia, par exemple. »

De façon spécifique, les deux formations ont toutefois des règles qui diffèrent.

Le Parti démocrate

Les règles ont été réécrites en cours de route. Au départ, elles prévoyaient que, pour être élu à la Convention nationale d'août 2008, il fallait avoir l'appui de 2025 délégués sur 4049 (majorité simple). Fin mai, le chiffre magique est toutefois passé à 2118 sur 4234, après que le Parti démocrate eut décidé d'inclure en partie les résultats de la Floride et du Michigan, deux États qui avaient tenu des primaires à une date en contravention avec les règles du parti. Les délégués de ces États se sont vu accorder une demi-voix chacun.

La grande majorité des délégués, soit 3438, sont élus, tandis que 796 sont des « superdélégués » grâce à leur statut au sein du parti (gouverneurs d'État, d'anciens présidents ou vice-présidents ou membres du comité national par exemple). Ces derniers ne sont pas tenus de dire pour qui ils voteront.

Les délégués « ordinaires » sont pour leur part élus et doivent signifier leur appui pour un candidat spécifique... même s'ils ne sont pas toujours tenus de voter pour eux en bout de ligne (cela dépend des États). Dans certains cas, les candidats peuvent même les retrancher des listes.

Les démocrates ont adopté un système proportionnel pour représenter les candidats. Ainsi, le nombre de délégués « ordinaires » obtenu par un candidat dans un État est proportionnel au pourcentage des voix recueillies au caucus ou à la primaire, à condition qu'il ait obtenu 15 % des votes.

Le Parti républicain

Le nombre total de délégués est beaucoup moins élevé que pour leurs adversaires démocrates, soit 2380. Le candidat gagnant de la Convention nationale de septembre 2008 doit avoir l'appui de 1191 d'entre eux (majorité simple). Il y a 1917 délégués élus qui s'engagent à soutenir un candidat (pledged) et 463 délégués qui n'ont pas à indiquer l'identité de leur favori (unpledged).

Toutefois, parmi ces délégués qui n'ont pas à s'engager, certains sont élus et donc, en principe, expriment tout de même qui ils soutiennent. Enfin, une minorité importante des délégués qui ne sont pas tenus d'indiquer qui ils appuient obtiennent automatiquement le statut de délégués en vertu de leur statut au sein du parti.

La représentation des candidats varie elle aussi selon les États. Plusieurs États privilégient la formule du winner takes all (« le gagnant remporte tout »), c'est à-dire que le candidat qui recueille le plus d'appuis chez les délégués lors du caucus ou de la primaire obtient automatiquement l'appui de tous les délégués. Dans certains États, toutefois, le nombre de délégués est proportionnel au pourcentage des voix recueillies. Il n'y a toutefois pas de seuil imposé de 15 % comme pour les démocrates. Chaque État a néanmoins le droit de fixer lui-même un seuil qu'il juge pertinent.

Quelques étapes importantes

Caucus de l'Iowa: il donne le coup d'envoi à la campagne électorale présidentielle. Cette année, les caucus démocrate et républicain se sont déroulés le 3 janvier.

Primaire du New Hampshire: la première primaire a suivi le 8 janvier. Il s'agit d'une étape importante, non seulement parce qu'elle ouvre le bal des élections primaires, mais aussi parce que le New Hampshire constitue un État baromètre. Habituellement, le prochain président, qu'il soit républicain ou démocrate, a d'abord remporté la bataille du New Hampshire. Les seules exceptions depuis 50 ans sont le démocrate Bill Clinton (1992) et le républicain George W. Bush (2000).

Super Tuesday: il s'agit du mardi au cours duquel se tient le plus grand nombre de primaires et de caucus en une seule journée, soit 21 États pour les républicains et 22 pour les démocrates. L'État de New York, la Californie et l'Ohio comptent parmi les États qui se prononcent ce jour-là. Pour la course à la présidentielle de 2008, ce sera le 5 février.

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