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Retour sur la crise

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une pluie verglaçante tombe dru en ce 5 janvier 1998 sur le Québec, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick. Les voitures sont couvertes de glace et les rues sont glissantes. Pour bien des gens, ce lundi morose marque surtout le retour du congé des fêtes. Personne ne se doute que c'est le début de la crise du verglas, un des pires désastres jamais survenus au pays.

Du 5 au 9 janvier, jusqu'à 100 mm de pluie verglaçante, de grêlons et de neige sont tombés dans le fameux « triangle noir », au sud de Montréal. Cette zone fortement touchée par la tempête, comprise entre les villes de Granby, Saint-Hyacinthe et Saint-Jean-sur-Richelieu, a été privée d'électricité pendant une trentaine de jours.

  • Plus de 18 % de la population canadienne a souffert de la tempête. Le verglas a surtout sévi au Québec. Au pire de la crise, le 9 janvier, les pannes d'électricité ont touché la moitié de la population québécoise. Certains abonnés, surtout en Montérégie, ont manqué d'électricité pendant 34 jours.
  • Environ 100 000 personnes se sont réfugiées dans des centres d'hébergement pour des périodes plus ou moins longues. On a ouvert 454 centres d'urgence au Québec et 85 en Ontario.
  • Au Québec, selon le bilan établi par le Bureau du coroner, 30 personnes sont mortes à cause de la tempête de pluie verglaçante ou des pannes, dont 6 d'hypothermie, 6 d'intoxication au monoxyde de carbone et 10 dans des incendies causés par l'utilisation d'appareils de fortune.
  • Seulement au Québec, le verglas endommage les réseaux d'électricité sur plus de 3000 kilomètres, soit 24 000 poteaux, 4000 transformateurs et 1000 pylônes d'acier. En Ontario, la tempête abîme 11 000 poteaux, 1000 transformateurs et 300 pylônes.
  • Au Québec, 17 000 fermes ont subi des dégâts évalués à 14 millions de dollars. En Ontario, 10 000 fermes ont été touchées, et les pertes se chiffrent à 11 millions de dollars.
  • Les Forces canadiennes - environ 11 000 soldats au Québec et 5000 en Ontario - ont participé à l'application des mesures d'urgence et au rétablissement du réseau électrique.
  • La crise du verglas a entraîné des pertes à court terme de 1,6 milliard de dollars pour l'économie canadienne, dont la plus grande partie - 1,4 milliard - au Québec.
  • Cette tempête aura coûté 1,5 milliard de dollars aux assureurs canadiens. Cela en fait le désastre le plus coûteux pour cette industrie.

Les leçons à tirer?

Au lendemain de ce désastre, le gouvernement québécois lance la Commission scientifique et technique chargée d'analyser les événements relatifs à la tempête de verglas survenue du 5 au 9 janvier 1998. Cette entité, présidée par Roger Nicolet, a pour mandat d'étudier les causes de la catastrophe et d'évaluer les décisions prises par Hydro-Québec et par la Sécurité civile.

En avril 1999, la commission Nicolet remet son rapport. Elle recommande d'abord qu'Hydro-Québec renforce son réseau de transport et de distribution. Un réseau qui a montré toute sa vulnérabilité lors de la tempête de pluie verglaçante. Le rapport Nicolet souligne aussi des lacunes dans la gestion de la crise par la Sécurité civile. La commission conclut qu'il y a, au Québec, absence d'une politique et d'une culture de sécurité civile. Elle ajoute que « seule une volonté gouvernementale explicite pourra mettre fin à cette alternance d'indifférence et de mobilisation désordonnée ».

Québec donne suite aux recommandations de la commission en décembre 1999 avec le dépôt d'un projet de loi sur la sécurité civile.

Dix ans plus tard, sommes-nous mieux préparés à un désastre comme la crise du verglas?

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