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Au bord de la faillite

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le réseau de télévision TQS, propriété de Cogeco, se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

Le réseau de télévision TQS est au bord de la faillite.

L'entreprise, propriété de Cogeco, s'est placée mardi sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Grâce à cette ordonnance obtenue en Cour supérieure du Québec, le réseau de télévision et ses filiales peuvent se protéger de leurs créanciers pour une période de 30 jours.

TQS, qui embauche 649 personnes, indique dans un communiqué que cette décision a été prise lundi lors d'une réunion du conseil d'administration. Les membres du C.A. ont alors pris connaissance d'un rapport commandé à Marchés mondiaux CIBC au sujet d'options stratégiques visant à relancer le réseau.

L'entreprise explique que le « marché francophone québécois de la télévision généraliste a connu une détérioration marquée malgré les mesures prises et les investissements effectués par l'entreprise au cours des derniers mois ». Elle évoque notamment:

  • l'érosion des revenus tirés de la publicité au profit des chaînes de télévision spécialisées et d'Internet
  • l'augmentation des coûts de production;
  • le refus récent du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes d'octroyer aux chaînes de télévision généralistes la possibilité de percevoir des frais d'abonnement pour la distribution de leur signal, comme le font les chaînes de télévision spécialisées;
  • la stratégie d'antenne de la Société Radio-Canada « qui se comporte comme un acteur commercial et non comme une télévision d'Etat » et l'avis de désaffiliation signifié à TQS par la SRC pour ses stations de Saguenay, de Sherbrooke et de Trois-Rivières.

« TQS est victime de circonstances hors de son contrôle. Toutefois, d'autres que nous, les actionnaires de TQS, ont les leviers nécessaires pour apporter une solution durable. Nous avons espoir que ceux-ci saisiront l'occasion pour apporter les ajustements qui s'imposent pour sauver la télévision généraliste privée francophone », souligne le président et chef de la direction de COGECO et président du conseil d'administration de TQS, Louis Audet.

M. Audet, qui précise que les activités de TQS sont maintenues jusqu'à nouvel ordre, rencontrera la presse à 14 h 30 en compagnie du président et chef de la direction de TQS, René Guimond.

Le syndic RSM Richter a été nommé par le tribunal pour élaborer un plan d'arrangement avec les créanciers. Ces derniers devront l'approuver.

TQS appartient à Cogeco (60 %) et à CTV/Globemedia (40 %). Dans son dernier rapport annuel, Cogeco soulignait d'ailleurs que « la position de TQS ne s'est pas améliorée et ses activités sont assujetties à des risques et à des incertitudes importants pour l'avenir ».

Extrait du dernier rapport annuel de Cogeco

TQS subit des pertes d'exploitation récurrentes qui entraînent la nécessité de recouvrir régulièrement à des mises de fonds pour soutenir ses activités. En plus de devoir injecter les capitaux supplémentaires nécessaires pour soutenir ses activités, TQS doit composer avec les investissements en capital additionnels importants qui seront nécessaires au cours des quatre prochaines années pour mener à terme le passage à la radiodiffusion HD avant la fin de la transmission du signal analogique, dont la date a été fixée au 31 août 2011 par le CRTC. Cogeco Radio-Télévision Inc. (CRTI) et CTV, les deux actionnaires indirects de TQS, devront s'entendre sur les investissements en capital additionnels nécessaires pour soutenir les futures activités de TQS et sur un nouveau plan d'affaires. [...] CRTI et CTV seront vraisemblablement appelés à faire les mises de fonds requises par TQS de temps à autres compte tenu des circonstances. La convention d'actionnaires en vigueur entre les parties stipule que les actionnaires doivent s'entendre sur les investissements en capital ou les restructurations. Elle prévoit également des options d'achat et de vente entre les parties à compter du 1er janvier 2009 et la mise en vente éventuelle de l'entreprise advenant le cas où aucune des parties ne consentirait à acquérir la participation de l'autre partie. CRTI et CTV ont retenu les services de Marchés mondiaux CIBC afin de les assister aux fins d'évaluer les choix stratégiques qui leurs sont ouverts relativement à TQS.

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