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Bassorah aux Irakiens

L'armée britannique remet le contrôle de la riche province pétrolière aux forces irakiennes, dans le cadre d'un retrait progressif d'Irak, tandis que des rivalités politiques persistent au sein du gouvernement régional.

L'armée britannique a poursuivi dimanche son retrait progressif d'Irak en remettant le plein contrôle de la riche province pétrolière de Bassorah aux forces irakiennes.

Le transfert a été souligné par un grand défilé le long de la berge du Chatt El-Arab, le fleuve qui sépare cette région irakienne de l'Iran. Des hélicoptères et des bateaux militaires circulaient dans le secteur.

Quelque 30 000 soldats et policiers irakiens doivent maintenant assurer la sécurité de la province de 2,6 millions d'habitants, majoritairement chiites. Un contingent réduit britannique demeurera à l'aéroport de Bassorah, avec un mandat de soutien en cas de besoin. De 4500 militaires à l'heure actuelle, les Britanniques diminueront le nombre de leurs soldats en Irak à 2500 d'ici la mi-2008, a promis le premier ministre britannique Gordon Brown.

« C'est un moment historique, un jour spécial, l'un des plus grands jours de l'histoire moderne de Bassorah », a déclaré le gouverneur de la province, Mohammed Al-Waili. « Je suis venu à Bassorah pour débarrasser la ville de ses ennemis et aujourd'hui, je la remets officiellement à ses amis », a ajouté le commandant des forces britanniques, le général Graham Binns.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Milliband, a qualifié ce transfert de responsabilité d'avancée majeure. Londres espère qu'il s'agit du point de départ d'une nouvelle mission visant à fournir une aide économique à la province et à y créer des emplois.

Le Royaume-Uni a perdu quelque 140 soldats en Irak depuis l'invasion de 2003.

Province clé

Bassorah est la dernière des quatre provinces du sud de l'Irak auparavant sous contrôle britannique et la 9e province irakienne sur 18 au total où les Irakiens ont repris le contrôle. Il s'agit d'une province riche, qui exporte 1,5 million de barils de pétrole par jour, et dont le port sert de point de transit pour 80 % du brut exporté par l'Irak.

Une rivalité entre trois formations politiques chiites pour le contrôle de Bassorah y cause toutefois une instabilité politique. Le parti Fadhila, duquel est issu le gouverneur Al-Waili, exerce son influence dans l'administration. Le Conseil suprême irakien islamique (CSII) a l'appui des forces de sécurité. Le mouvement plus radical de Moqtada Sadr a beaucoup d'appuis dans la population.

Des affrontements entre factions chiites rivales ont déjà eu lieu dans la province de Bassorah, et certains craignent que les rivalités politiques deviennent un conflit armé. Samedi, dans une entrevue à l'Agence France Presse, le chef du CSII a toutefois assuré que les différends se règleraient sans violence.

Un triple attentat à la voiture piégée a fait 40 morts, cette semaine, dans la province voisine de Maysan, elle aussi sous contrôle irakien.

Par ailleurs, le gouvernement irakien a annoncé dimanche son intention de libérer des milliers de prisonniers dans un geste de réconciliation nationale entre musulmans chiites et sunnites. Le Parlement devra toutefois approuver cette décision.

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