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Une date limite, mais pas de contraintes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les participants adoptent un texte de compromis qui établit un calendrier pour les futures négociations, mais ne comprend aucune cible contraignante de réduction des GES, comme le demandaient les États-Unis et le Canada.

Les participants à la 13e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques ont conclu leurs négociations sur l'après-Kyoto, samedi à Bali, en Indonésie, à l'issue d'un marathon nocturne imprévu.

Ainsi, les représentants des 180 pays participants se sont entendus pour entamer un nouveau cycle de négociations au plus tard en avril prochain, afin d'aboutir, avant la fin de 2009, à un autre accord sur la lutte contre les changements climatiques. Le protocole de Kyoto, adopté en 1997, prendra fin en 2012.

L'entente conclue samedi ne comprend toutefois aucune cible contraignante de réduction des gaz à effet de serre (GES) pouvant servir de base de négociation. Plusieurs y ont vu une victoire des États-Unis et du Canada, deux pays qui refusaient l'inclusion de telles cibles contraignantes.

L'entente se contente de souligner « l'urgence » d'agir, ainsi que d'appeler les pays à prendre les « engagements ou actions appropriés » et lancer « des actions vérifiables et mesurables ». L'accord comporte aussi un engagement à faire les investissements nécessaires pour la lutte contre les GES.

Le document renvoie, par une note de bas de page dans le préambule, aux conclusions des travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), et évoque certains scénarios de réduction des GES:

  • Réduire les émissions de GES de 10 à 30 % par rapport à leur niveau de 1990, d'ici 2020, avec un effort marginal des pays en développement;
  • réduire les émissions de 25 à 40 % d'ici 2020 pour les pays développés, de 50 % d'ici 2050 pour tout le monde.

Toutes sortes d'émotions

Les dernières heures de négociations ont été riches en émotions. Peu avant l'adoption du texte final, la représentante américaine, Paula Dobriansky, a d'abord affirmé, en assemblée plénière, que les États-Unis allaient refuser l'entente.

Mme Dobriansky soutenait que l'accord ne reflétait pas la volonté exprimée par certains grands pays en développement, la Chine et l'Inde en particulier, de participer à la lutte contre les changements climatiques. Elle a été huée par les délégués présents à cette assemblée.

L'Europe avait aussi résisté pendant plusieurs heures, avant de céder aux demandes des pays en développement. Ceux-ci réclamaient de l'aide technologique et financière pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, revenu de toute urgence à la conférence, avait exprimé sa déception et appelé les participants à faire les compromis nécessaires. Devant la menace d'un échec, et après deux nuits d'insomnie, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Yvo de Boer, avait même éclaté en sanglots, à un moment donné, avant de se ressaisir sous les applaudissements des délégués.

L'accord sur les prochaines négociations a finalement été accepté par toutes les parties. Plusieurs ont souligné que le fait que tous les pays appuient cette feuille de route était en soi une avancée.

D'autres éléments de la feuille de route de Bali

  • Mise en place d'un Fond d'adaptation permettant aux pays industrialisés de financer des projets énergétiques propres dans les pays en développement, en échange de crédits d'émissions de GES;
  • reconnaissance de l'effet de la déforestation et de la dégradation des sols sur l'augmentation des GES;
  • mise sur pied d'un groupe international d'experts sur le transfert de technologies propres;
  • des scientifiques poursuivront l'étude des technologies de capture et de stockage du carbone.

La guerre des chiffres

Depuis le début de la conférence, les négociations achoppaient en raison de dissensions entre l'Europe et les États-Unis sur l'inclusion d'objectifs chiffrés de réduction d'émissions de GES. L'Union européenne souhaitait que les pays s'entendent sur une réduction de 25 à 40 % des GES d'ici 2020 en se basant sur les niveaux de 1990.

Mais les États-Unis, appuyés notamment par le Canada et le Japon, refusaient que soient inscrits de tels objectifs contraignants dans la déclaration finale. Selon l'administration américaine, un opposant de longue date au protocole de Kyoto, l'inclusion de ces objectifs préjuge du résultat des négociations. Elle ajoute que la fourchette proposée par l'Union européenne (UE) est sujette à caution et ne repose que sur un nombre restreint d'études scientifiques.

En acceptant le compromis, l'Europe semble vouloir faire le pari qu'une nouvelle administration américaine (les élections présidentielles auront lieu en novembre 2008) rejoindra la communauté internationale et acceptera des objectifs ciblés de réductions des GES.

Le Canada encore écorché

Dans les dernières heures de la conférence à Bali, le Canada a encore une fois subi plusieurs critiques pour sa position intransigeante. « Si les Canadiens aident tous les peuples du monde, Bali sera un succès. Ça dépend vraiment du Canada », dit le ministre de l'Environnement de la France, Jean-Louis Borloo.

Steven Guilbeault, d'Équiterre, a de son côté critiqué le ministre de l'Environnement du Canada, John Baird, qui ne s'est pas présenté à une réunion importante pour trouver un accord. « On parle que le Canada doit jouer un rôle important: faire le pont entre les États-Unis et l'Europe. Et pendant ce temps, il est invité à une des rencontres les plus importantes de la conférence et il ne se présente pas », déplore-t-il.

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