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La succursale maghrébine d'Al-Qaïda

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Journaliste:



Le double attentat qui a frappé Alger le 11 décembre 2007 a été revendiqué quelques heures après les évènements par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le seul groupe terroriste encore actif en Algérie.

Depuis sa proclamation en 2006, le groupe est devenu un centre d'intérêt aussi bien des Algériens que des services de sécurité des pays occidentaux.

Des dizaines d'articles et autant d'études ont été consacrés à cette organisation.

Qui est l'AQMI?

À l'occasion du cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre, Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux d'Al-Qaïda, a invité dans un enregistrement vidéo les Algériens du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à rejoindre les rangs d'Al-Qaïda. Deux jours après, le 13 septembre 2006, un communiqué du GSPC annonce la création d'Al-Qaïda au pays du Maghreb (AQMI).

Le GSPC

Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) est né le 16 septembre 1998. Le communiqué annonçant la création du nouveau groupe indique que plusieurs membres des GIA (Groupes islamiques armés) ont rejoint cette nouvelle organisation. Le communiqué indique également que le chef provisoire du GSPC est Hassan Hattab, alias Abou Hamza.

La création du GSPC a été dictée, selon la littérature de cette organisation, par la volonté de se démarquer des GIA et leur dérive sanguinaire qui donnait une mauvaise image des « moudjahidines ». Cependant, cette démarcation proclamée est tardive, car à cette époque (1998), les GIA n'existaient pratiquement plus. La plupart des chefs avaient été tués et leurs cellules, démantelées. Les GIA ont été très actifs entre 1994 et 1997.

L'autre groupe islamiste connu en Algérie, l'Armée islamique du salut (AIS), avait décrété une trêve unilatérale en 1997 et s'est par la suite autodissous en 2000.

Ainsi, le GSPC s'est retrouvé quasiment seul sur la scène.

Le chef du GSPC n'est pas un inconnu. Il s'était rallié aux GIA aux premières heures de la création de cette organisation (1994). Il est l'un des rares survivants de ce groupe terroriste. De plus, Hassan Hattab aurait rejoint les maquis islamistes dès 1992. Un véritable vétéran, comparé aux autres chefs des GIA, tous tués.

Donné plusieurs fois pour mort par les journaux algériens, Hassan Hattab refait surface à chaque fois et dément les nouvelles diffusées par la presse.

Zones d'ombre

En 1999, le nouveau président algérien, Abdelaziz Bouteflika, nouvellement élu, plaide pour une politique de « concorde civile » qui conduirait au retour à la vie civile des membres des groupes armés.

Cette option aurait divisé le GSPC, certains dirigeants auraient adhéré à cette idée tandis que d'autres optaient pour la poursuite des combats contre le régime. Hassan Hattab, selon des articles de presse, aurait été de ceux qui adhéraient à l'option de la « concorde civile ».

En janvier 2000, la radio algérienne a affirmé que Hassan Hattab était en pourparlers avec des représentants de l'armée en vue de sa reddition. Le GSPC a démenti cette information.

Depuis, le chef du GSPC s'est fait discret jusqu'en octobre 2005 où, dans une entrevue accordée au journal arabe londonien Acharq al Awsat, il a appelé des militants à déposer les armes pour bénéficier des mesures de « la charte pour la paix et la réconciliation », adoptée par référendum en 2005.

Enfin, le 6 octobre 2007, le ministre algérien de l'Intérieur annonce que Hassan Hattab s'est rendu aux autorités. Cependant, la justice algérienne le considère toujours comme étant en fuite. Lors d'un procès où il devait être jugé, le président de la séance a indiqué que le procès était reporté et que le chef du GSPC sera jugé par contumace « sauf si des preuves de sa reddition venaient à être fournies aux instances compétentes ».

Auparavant, Hassan Hattab a été condamné à 30 reprises à des peines allant de la réclusion à perpétuité à la condamnation à mort.

L'autre chef du GSPC

L'autre chef de ce groupe terroriste Amar Saïfi, alias El-Para, est devenu célèbre à l'échelle internationale après l'affaire des otages européens dans le désert algérien.

En mars 2003, la presse européenne parle de la disparition de plusieurs groupes de touristes européens dans le Sahara algérien. Il s'agit de 32 personnes (des Allemands, des Suisses, des Autrichiens, et un Néerlandais et un Suédois).

Des journaux algériens affirment quelques jours après que l'enlèvement des touristes est le fait de Abderrezak El-Para, un des chefs du GSPC. Pourtant, cette opération spectaculaire n'est pas revendiquée par le GSPC. Autre fait inédit, c'est la première fois que le GSPC mène une action dans le Sahara, très vaste territoire désertique. Habituellement, les actions du GSPC ont lieu dans quelques régions du nord du pays. Les otages seront finalement libérés le 13 mai et le 18 août, en échange d'une importante rançon, selon plusieurs sources.

Ce « fait d'armes » propulse ainsi El-Para sur le devant de la scène et on lui prête le projet d'installer une branche d'Al-Qaïda dans le désert.

Après cette opération, El-Para est arrêté par un groupe rebelle tchadien qui le remettra aux autorités algériennes par l'intermédiaire de la Libye en 2004.

Au cours d'un procès le concernant en juin 2005, El-Para est condamné à la réclusion à perpétuité par contumace, alors qu'il se trouve entre les mains des autorités algériennes.

Actuellement, le GSPC, devenu AQMI est dirigé par Abdelmalek Droukel, un autre ancien du GSPC.

Communication

Al-Qaïda au pays du Maghreb est une organisation communicante. Elle possède un site web très détaillé sur ses activités, sa doctrine, ses actions, etc. On peut trouver tous les communiqués de l'organisation.

Une petite recherche nous a permis de découvrir que le nom donné de l'administrateur du site est Farouk Ksentini. Ironiquement, ce nom est celui du président de la Commission nationale consultative de la promotion et de la protection des droits de l'homme en Algérie. Et le site est enregistré en Jordanie.

Sources:

La presse algérienne

Algeria-watch, site d'informations sur la situation en Algérie

geopolitique.com

BBC

raynette.fr

http://www.qmagreb.org/

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