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Impasse à Bali

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La conférence de Bali a été prolongée afin de donner une chance aux négociateurs internationaux de s'entendre sur l'inclusion ou non d'objectifs chiffrés de réduction des émissions polluantes.

Le bras de fer entre Européens et Américains se poursuit à Bali, la conférence sur le climat ayant dépassé son heure officielle de clôture sans que les participants aient été en mesure de dégager un consensus sur la question litigieuse des objectifs chiffrés.

Les négociations se poursuivent vendredi, à la demande de l'hôte indonésien, au sein d'un groupe restreint de délégués représentants l'Union européenne, les États-Unis et les pays en développement.

Les négociateurs s'attendent maintenant à ce que les discussions se poursuivent au moins jusqu'à samedi, alors que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, se rendra à nouveau à Bali pour tenter de dénouer l'impasse.

Yvo de Boer, le plus haut responsable onusien chargé du dossier des changements climatiques, a fait état de « bon progrès » dans les négociations, tout en précisant, cependant, que « tant que tout n'est pas réglé, rien n'est réglé ».

Les États-Unis, suivis par le Japon, le Canada, l'Australie et la Russie, refusent que soient inscrits à la déclaration finale de Bali des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre (GES). Pour Washington, un opposant de longue date au protocole de Kyoto, l'inclusion de ces objectifs préjuge du résultat des négociations. Les délégués américains estiment aussi que les chiffres avancés, une réduction de 25 à 40 % des émissions d'ici 2020 en se basant sur les niveaux de 1990, sont sujets à caution et ne reposent que sur un nombre restreint d'études scientifiques.

Rappelons que la fourchette de 25 à 40 % est issue des travaux du Groupe intergouvernemental d'experts sur les changements climatiques (GIEC), récompensés par l'Institut Nobel et sujets d'un large consensus au sein de la communauté scientifique internationale.

Les responsables de l'Union européenne ont clairement dit qu'ils ne seraient pas à la conférence climatique américaine d'Hawaï, en janvier prochain, si les États-Unis parvenaient à empêcher l'inclusion d'objectifs chiffrés dans la déclaration finale de Bali.

Le président Bush a lancé sa propre initiative climatique en septembre dernier à Washington. C'était pour convaincre les pays en développement, notamment la Chine et l'Inde, d'adhérer à des objectifs de réduction de leurs émissions de GES.

Pour un grand nombre d'observateurs et d'environnementalistes, il ne fait guère de doute que les États-Unis veulent ainsi court-circuiter les efforts de la communauté internationale pour imposer aux pays riches des réductions draconiennes de leurs émissions, au risque d'un impact économique négatif à court et à moyen terme.

N'attendez pas les États-Unis, dit Al Gore

Le dernier lauréat du prix Nobel de la paix, l'Américain Al Gore, a de son côté incité la communauté internationale à conclure une entente sur le climat en laissant de côté les États-Unis.

Dans un discours devant les délégués, M. Gore a affirmé que ce serait une erreur de penser qu'il fallait absolument la signature des États-Unis dans un nouvel accord. Il a suggéré de laisser un espace blanc dans le document final de la réunion, en promettant que les États-Unis, sous une autre administration que celle de George W. Bush, allaient se rallier éventuellement et signer le document.

« Dans un peu plus d'un an, un nouveau président entrera en fonction aux États-Unis. Je ne peux vous le promettre, mais je crois que cela entraînera un changement de position », a-t-il soutenu.

Sans le nommer explicitement, l'ancien candidat à la présidence américaine s'est en aussi pris à la position du Canada au sommet. Pour ce faire, M. Gore a utilisé une analogie avec le hockey et a fait référence à deux des plus grands passeurs de l'histoire du sport, Bobby Hull et Wayne Gretzky.

M. Gore soutient qu'ils étaient de grands joueurs, car ils pouvaient prévoir les événements, ainsi ils n'envoyaient pas la rondelle là où les autres joueurs se trouvaient, mais plutôt où ils se trouveraient. Selon M. Gore, le monde doit donc prévoir un changement d'attitude des États-Unis sur le climat au cours des prochaines années et se préparer en conséquence.

Al Gore a rencontré le chef de l'opposition officielle à Ottawa, Stéphane Dion, pour discuter de la meilleure façon de faire progresser l'accord de Kyoto.

Les libéraux et le NPD déçus

M. Dion s'est dit attristé d'entendre les nombreuses critiques dont le Canada a fait l'objet à ce sommet. Il s'est demandé si le gouvernement Harper voulait vraiment être isolé aux côtés de l'administration américaine et du gouvernement japonais dans ce dossier.

Pourtant, estime M. Dion, le Canada aurait dû être un leader à cette rencontre. Selon lui, le Canada est, soit silencieux, ce qui permet aux États-Unis de faire le travail à sa place, ou est obstructionniste.

Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, a fustigé le gouvernement Harper pour avoir contribué à affaiblir les cibles de l'ONU pour lutter contre les changements climatiques.

Pour M. Layton, les conservateurs veulent protéger les intérêts des pétrolières de l'Alberta, plutôt que ceux des générations futures.

Le NPD voudrait que le gouvernement établisse des cibles intérimaires d'émissions de GES, à des intervalles de cinq ans, menant à un engagement obligatoire de réduire les émissions au Canada de 80 % par rapport aux niveaux en 1990, d'ici à 2050.

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