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Le couteau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les cheveux m'ont dressé sur la tête.

Je naviguais dimanche sur Zone4, un site spécialisé sur le ski de fond canadien.

La veille, à Canmore, Alex Harvey aurait enlevé l'épreuve de sprint senior en Coupe NorAm, le circuit canadien. Au pas de patin (en skate pour les intimes).

Je sais bien qu'il excelle en skate, que Devon Kershaw, le meilleur sprinteur au pays, est actuellement sur le circuit de la Coupe du monde, mais Alex est un skieur d'endurance et puis il me l'a dit lui-même l'autre jour, « je sais qu'en début de saison, je serai pas à mon top. »

C'est comme rien, y'a une erreur. Hum... Phil Widmer 2e au temps de qualification, Kuhn 5e, Nishikawa 6e, Chris Jeffries, le vétéran, 11e, Roycroft 25e, Babikov 27e. Je rêve!

« Non tu rêves pas!, qu'il m'a répondu. Ça super bien été et j'étais super fort en finale. »

« Le plus impressionnant, c'est qu'il a devancé deux sprinteurs de l'équipe canadienne, ajoute son entraîneur Louis Bouchard, Phil Widmer et Stefan Kuhn.

« Dans le dernier 500 m, Alex est parti en avant... il a croisé sans même lancer la jambe! Widmer s'est pas battu... »

« Il n'a pas un muscle brut pour le sprint comme Widmer, mais il est plus perfectionniste, il prend mieux le virage, sa technique est plus appliquée. » Et il n'a que 19 ans.

Il s'est passé deux choses.

La première, c'est qu'Alex a pris le 7e rang dans la poursuite 15 km (classique, départ de masse, remportée par Babikov), jeudi. Ça n'a pas fonctionné à son goût. Comme il est un fier compétiteur, il s'est présenté aux sprints, samedi, le couteau entre les dents.

Une victoire qui augure bien pour les mondiaux juniors en février, car l'épreuve de sprint sera disputée au pas de patin, la prédisposition naturelle d'Alex.

Le malaise de Dionne?

La deuxième, qui est reliée, c'est qu'en raison d'un malaise à une jambe qui le ralentit dans les épreuves d'endurance, il en profite justement pour travailler ses sprints.

« J'ai un problème avec ma jambe gauche depuis cet été. En course, après 10-15 minutes d'effort, je n'ai plus de force dans la jambe, je ne la sens plus et ça fait mal après. C'est pour ça que j'ai de la misère en distance.

« Ma mère est médecin et elle a établi un certain nombre de possibilités. Ce pourrait être un problème d'irrigation sanguine. Un peu comme ce qui est arrivé à Charles Dionne, le cycliste. Je vais passer des tests le 19 décembre. »

Évidemment, quand un athlète comme Alex Harvey, qui se défonce à deux minutes au kilomètre, quand une force comme ça dit que « ça fait mal », eh bien vous et moi, on se tord de douleur par terre, là!

« Alex, en ce moment, c'est frustrant pour lui... et pour moi, dit Louis Bouchard, il est tellement supérieur à ça dans les distances. C'est un problème qu'on ne contrôle pas pour l'instant. C'est de la frustration pure, alors c'est sûr qu'il va avoir la rage à chaque sprint. »

Mais quand même Alex, rage, couteau, fierté, c'est bien beau, mais t'as « clenché » des spécialistes de l'équipe canadienne (à part Kershaw) dans ce qui n'est pas ta spécialité, faut le faire!

« Je suis parti à fond et j'ai réussi à maintenir ma vitesse. L'affaire, c'est que je faiblis moins que les sprinteurs parce que je suis plus un skieur d'endurance. Si je peux me tenir dans la même seconde que le meneur en qualifs, j'accède aux rondes (éliminatoires) et là tout peut arriver. »

Samedi, Harvey a réussi le meilleur temps même dans les qualifications...

« Y'a beaucoup de gestion d'énergie à faire dans les sprints. Tu dois te réchauffer pour les qualifs à 10 h le matin. Là, tu manges un peu et les rondes se déroulent de midi à 15 h. Il y a trois rondes, quarts de finale, demi-finales, finale, avec environ 20 minutes de repos entre chaque ronde.

« Donc, tu fais quatre fois la même boucle. Ça, ça avantage les skieurs de distance. » À Canmore, Alex a décollé comme s'il venait de se faire mordre par un bouledogue enragé, on voit ce que ça donne.

Rage, couteau, fierté...

J'allais oublier l'intelligence.

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