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Vincent Lacroix coupable

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ex-PDG de Norbourg est reconnu coupable des 51 chefs d'accusations pour manipulation de titres et informations fausses et trompeuses.

Après 49 jours de procès, riches en rebondissements, l'ex-PDG de Norbourg, Vincent Lacroix, a été reconnu coupable, mardi, des 51 chefs d'accusation qui pesaient contre lui. À sa sortie du palais de justice de Montréal, M. Lacroix n'a pas fait de déclaration, mais a mentionné qu'il étudierait le jugement.

La sentence sera prononcée dans quelques jours. Pour chacune des 51 infractions, M. Lacroix risque cinq ans moins un jour de prison et une amende de 5 millions de dollars.

Des investisseurs floués, qui attendaient le verdict, se disent satisfaits de la décision du juge. Ce verdict ne leur permettra toutefois pas de retrouver les milliers de dollars perdus.

Par la voix de son PDG, Jean St-Gelais, l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'est déclarée satisfaite du verdict. L'AMF a indiqué qu'elle demandera une sentence exemplaire à l'encontre de Vincent Lacroix. M. St-Gelais a ajouté que l'AMF a entrepris plusieurs actions pour que les investisseurs floués récupèrent le maximum de leur argent.

M. Lacroix était poursuivi pour manipulation de titres et informations fausses et trompeuses. L'AMF a fait valoir que 9200 investisseurs ont été floués par les manoeuvres frauduleuses de Vincent Lacroix, qui a effectué 137 retraits irréguliers totalisant 115 millions de dollars. Le procès de Norbourg est le plus grand procès économique au Québec.

Preuve volumineuse

L'AMF a fourni une preuve volumineuse pour expliquer les stratagèmes utilisés par M. Lacroix. La preuve accumulée à la faveur de nombreuses perquisitions et analyses tente de démontrer la volonté de l'accusé de tromper l'AMF et, par ricochet, les investisseurs qui basaient leurs décisions d'investissements sur les rapports financiers, considérés comme faux, des divers fonds de placement.

Ces éléments de preuve, saisis à l'occasion d'une perquisition, le 25 août 2005, pourraient valoir à Lacroix un séjour en prison et une forte amende.

Dans sa plaidoirie finale, l'AMF a attiré l'attention du juge sur la conduite de Vincent Lacroix dans les mois qui ont précédé les perquisitions. « Alors que les activités de Norbourg et Vincent Lacroix étaient sous enquête en 2005, Vincent Lacroix a continué de façon importante à dilapider les fonds des investisseurs en effectuant des déboursés importants pour ses fins personnelles », a souligné l'AMF.

Selon l'institution, entre avril et la fin juillet 2005, Lacroix a acheté des biens immobiliers pour 23 millions de dollars et a versé à des proches plus de 570 000 $.

Vincent Lacroix, qui a assuré sa propre défense, a tenté durant son procès de démontrer qu'il avait agi normalement, prétendant qu'il s'est retrouvé aux prises avec « un trou de 20 millions de dollars », après l'achat d'une société liée à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il a renoncé à faire un plaidoyer final à la fin du procès.

Plus de pouvoirs pour l'AMF

Mardi matin, avant que le verdict ne tombe, la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a fait part de l'intention de son gouvernement de déposer, la semaine prochaine, un projet de loi afin de renforcer les pouvoirs de l'AMF.

L'objectif est de mieux contrôler les firmes de valeurs mobilières et de permettre à l'AMF d'intervenir dès qu'elle soupçonne une fraude ou des malversations.

L'amendement à la Loi sur les valeurs mobilières « permettra à l'Autorité des marchés financiers de travailler plus rapidement et de lui donner plus de poigne dans ses démarches, plus tôt », a déclaré la ministre, sans donner plus de précisions sur les modifications envisagées.

Mme Jérôme-Forget a expliqué le geste de son gouvernement par son souci de mettre les investisseurs et les actionnaires à l'abri des manoeuvres financières répréhensibles.

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