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Conrad Black veut en appeler

Radio-Canada

L'ex-magnat de la presse est condamné à 78 mois derrière les barreaux et à une amende de 125 000 $US après avoir été reconnu coupable de fraude et d'entrave à la justice. Des biens de 6,1 millions seront saisis.

Conrad Black pourra passer Noël en famille puisqu'il bénéficie d'un sursis de trois mois avant de se présenter dans une prison américaine.

A Chicago, la juge fédérale Amy St. Eve, qui a déterminé le sort de l'homme de 63 ans, a déclaré que l'ex-magnat devenu renégat peut attendre jusqu'au 3 mars avant de commencer à purger sa peine.

« Personne n'est au-dessus de la loi, aux États-Unis. Je ne peux pas comprendre comment quelqu'un de votre stature a pu commettre de tels gestes et tout risquer. Mais aux États-Unis, M. Black, la loi prévoit une justice égale pour tous », lui a dit la juge St. Eve.

À la sortie de la Cour, un des avocats de Black, Andrew Frey, a déclaré que le moral de son client était assez bon, « c'est un combattant, il s'attend à ce que tout cela soit cassé, moi aussi je le crois », a-t-il dit.

M. Black a 10 jours pour interjeter appel, ce qu'il va faire. « On espère qu'il aura sa libération sous caution jusqu'à l'aboutissement de l'appel, [...] qu'il ne fera pas de prison, surtout que la juge a dit qu'il n'y avait pas de risque de fuite », a déclaré M. Frey. Selon ce dernier, il y a trois possibilités. « Soit il ne passe aucun moment en prison, soit 78 mois, ou il y a la possibilité d'une peine amoindrie. [...] Ça prend entre huit mois et un an avant d'avoir une décision en appel ».

Selon Me Frey, la cause contre M. Black n'est pas solide, ce dernier n'ayant pas eu d'intention de frauder. « Il ne se considère pas coupable », a-il ajouté.

Quant à son avocat canadien, Me Edward Greenspan, il s'est déclaré relativement satisfait de la sentence. « Étant donné la donne au début, [...] et la possibilité de prison à vie. C'est mieux qu'au point de départ. [...] Quelqu'un qui reçoit une sentence de 6 ans et demi, c'est plutôt long. Mais c'est une victoire que ce ne soit pas 20 à 25 ans », a-t-il dit.

Avant le prononcé de la sentence, M. Black, qui était accompagné de sa femme et de sa fille, a lu une courte déclaration dans laquelle il a présenté ses excuses aux actionnaires de Hollinger International.

Conrad Black a été reconnu coupable de fraude dans le cadre du versement d'indemnités de non-concurrence négociées lorsque Hollinger International a vendu des centaines de journaux.

Il a aussi violé une ordonnance du tribunal lui interdisant de toucher à tout ce qui pourrait constituer une preuve, en déplaçant 13 boîtes de documents dans ses bureaux de Toronto. Ses actes ont été filmés par une caméra de surveillance.

Indications préliminaires

Plus tôt dans la journée, la juge St. Eve avait annoncé sa décision d'appliquer les balises de l'année 2000 pour établir la peine, plutôt que celles, plus sévères, applicables aujourd'hui, tel que le réclamaient les procureurs.

La juge avait également précisé que le montant de la fraude pour laquelle Black est condamné est de 6 millions de dollars, et non de 32 millions, comme l'indiquait le gouvernement américain.

Elle avait également spécifié qu'elle ne considérerait pas Black comme le cerveau de la fraude, puisque son ex-associé David Radler, devenu témoin principal de la poursuite dans cette affaire, était tout aussi impliqué que lui.