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80 millions pour les 10 ans du traité

Radio-Canada

Ottawa profite du 10e anniversaire du traité sur les mines antipersonnel pour annoncer qu'il versera 80 millions à l'Afghanistan pour ses opérations de déminage. Des responsables d'ONG déplorent qu'Ottawa verse tous les fonds à un seul pays.

Le gouvernement canadien a souligné le 10e anniversaire du traité d'Ottawa interdisant les mines antipersonnel en annonçant des fonds pour les opérations de déminage en Afghanistan.

Ottawa versera 80 millions de dollars en quatre ans à l'Afghanistan, l'un des pays où il y a le plus de mines antipersonnel au monde. La ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a indiqué que les sommes iront aux opérations de déminage, mais qu'elles serviront aussi à aider les victimes des mines antipersonnel.

Il s'agit de la plus importante contribution canadienne pour combattre les mines antipersonnel annoncée jusqu'à maintenant.

Mettre tous les oeufs dans le même panier

Les responsables d'organisation non gouvernementales (ONG), bien qu'ils accueillent favorablement la contribution canadienne, critiquent le fait que les fonds iront uniquement à l'Afghanistan.

Sylvie Brigot, directrice de la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel, rappelle que, jusqu'à maintenant, l'aide canadienne avait été répartie selon les besoins de différents pays.

De son côté, sa collègue Jody Williams, une Américaine lauréate du prix Nobel de la paix en 1997 pour la campagne d'éradication des mines antipersonnel, se demande si Ottawa n'a pas décidé d'investir tout l'argent en Afghanistan en raison de la controverse entourant l'engagement militaire canadien.

La ministre Oda défend la position de son gouvernement en indiquant que le Canada continue à aider comme avant une vingtaine de pays pour leurs opérations de déminage, mais que des fonds supplémentaires vont aller à l'Afghanistan.

Jusqu'à maintenant, selon Landmine Monitor Report, environ 66 000 mines antipersonnel ont été détruites en Afghanistan depuis septembre 2002. L'objectif de Kaboul est d'avoir nettoyé 70 % du territoire afghan d'ici 2011 et d'avoir complètement déminé le pays en 2013.

Les victimes oubliées

Les responsables de la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel dressent un bilan plutôt positif des 10 ans du traité. Ils soulignent notamment que 6 pays sur 70 sont maintenant complètement déminés et qu'il y a désormais moins de 6000 accidents par an liés aux mines antipersonnel.

Selon eux, il s'agit aussi du seul traité de désarmement qui donne des résultats concrets. Cependant, ils déplorent que les victimes des mines antipersonnel soient souvent abandonnées par les gouvernements, notamment par Ottawa.

Tout en reconnaissant l'importance du Canada dans la signature du traité, ils déplorent aussi qu'Ottawa ne se donne pas le même rôle de chef de file pour mettre en oeuvre un traité similaire sur les bombes à sous-munitions.

Ces bombes ont notamment été abondamment utilisées par Israël lors de la guerre au Liban, à l'été 2006. Il y aurait environ un million de ces bombes dans le sud du Liban à la suite de l'offensive israélienne.

Les bombes à sous-munitions, engins qui contiennent à l'intérieur des bombes plus petites, n'explosent pas toujours au moment où elles sont lancées. Elles peuvent exploser n'importe quand.

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