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La 13e conférence des Nations unies sur les changements climatiques

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La 13e conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s'est déroulée à Bali du 3 au 14 décembre 2007, a constitué une autre étape importante en vue de l'élaboration d'une suite au protocole de Kyoto, dont l'échéance est prévue en 2012.

Un bilan mitigé

Les participants à la 13e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques ont conclu leurs négociations sur un bilan que l'on pourrait qualifier de mitigé, à l'issue d'un marathon nocturne. Les représentants des 180 pays participants se sont entendus pour entamer un nouveau cycle de négociations au plus tard en avril prochain, afin d'aboutir, avant la fin de 2009, à un autre accord sur la lutte contre les changements climatiques.

Le protocole de Kyoto, adopté en 1997, prendra fin en 2012.

Mitigé, du point de vue de nombre d'observateurs et de défenseurs de l'environnement, parce que l'entente ne comprend aucune cible contraignante de réduction des gaz à effet de serre pouvant servir de base de négociation. Plusieurs y ont vu une victoire des États-Unis et du Canada, deux pays qui refusaient l'inclusion de telles cibles contraignantes.

L'entente se contente de souligner « l'urgence » d'agir, ainsi que d'appeler les pays à prendre les « engagements ou actions appropriés » et lancer « des actions vérifiables et mesurables ». L'accord comporte aussi un engagement à faire les investissements nécessaires pour la lutte contre les GES.

Le document renvoie aux conclusions des travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et évoque certains scénarios de réduction des GES:

  • Réduire les émissions de GES de 10 à 30 % par rapport à leur niveau de 1990, d'ici 2020, avec un effort marginal des pays en développement;
  • réduire les émissions de 25 à 40 % d'ici 2020 pour les pays développés, de 50 % d'ici 2050 pour tout le monde.

Du côté du Canada

Par ailleurs, dans les dernières heures de la conférence à Bali, le Canada a encore une fois subi plusieurs critiques pour sa position intransigeante. Paradoxalement, par la voix de son ministre de l'environnement, le Canada s'est dit quelque peu déçu de l'accord intervenu samedi à la conférence de Bali, le jugeant timide, étant donné l'absence de référence à des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre.

Bali, les objectifs initiaux

Les représentants des gouvernements de 180 pays, d'organisations intergouvernementales et d'ONG, sous la loupe des médias du monde entier et au son des slogans des manifestants, avaient donc trois objectifs principaux à Bali:

  • lancer les négociations sur un futur protocole sur les changements climatiques;
  • élaborer un calendrier de négociations;
  • s'entendre sur une date limite pour la conclusion de ces négociations.

La convention avait du pain sur la planche et devait aborder les thèmes suivants:

  • déterminer les actions à entreprendre pour limiter ou réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES);
  • définir une stratégie pour aider les pays en voie de développement à faire face aux impacts des changements climatiques;
  • s'engager à fournir la technologie nécessaire pour à la fois réduire les émissions et permettre l'adaptation aux changements climatiques;
  • recueillir les capitaux et les investissements nécessaires pour permettre aux pays en développement d'agir sans entraver leur croissance économique et leur capacité à éliminer la pauvreté. Notons que le protocole de Kyoto prévoyait notamment un système d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre, par lequel un pays développé pouvait obtenir des crédits d'émission de GES en investissant dans des projets de réduction dans des pays en développement;
  • freiner la déforestation, responsable de 20 % des émissions de gaz carbonique, selon l'ONU.

Les positions

Le protocole de Kyoto, adopté en 1997, ratifié par 190 pays, maintenant que l'Australie a décidé de se rallier, prévoit que plus d'une trentaine de pays industrialisés réduisent leurs émissions de GES de 5,2 % en moyenne d'ici 2012, par rapport aux niveaux de 1990.

En mars 2007, l'Europe des 27 s'est engagée à réduire, d'ici 2020, ses émissions de GES de 20 % par rapport à leur niveau de 1990. L'Union européenne est, en quelque sorte, en tête de file, avec l'ONU, du mouvement des pays en faveur d'un après-Kyoto plus ambitieux.

À l'autre extrémité, les États-Unis, qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto, et le Canada, signataire mais réfractaire, insistent pour que la prochaine phase inclue des obligations pour des pays au développement exponentiel comme la Chine et l'Inde.

Dans son Rapport mondial sur le développement humain 2007-2008, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) estime que la lutte contre le réchauffement climatique pourrait coûter, chaque année et jusqu'en 2030, 1,6 % du PIB mondial. Un effort financier dont la responsabilité incombe essentiellement aux pays développés.

Le document préconise que les pays développés réduisent leurs émissions de GES d'au moins 80 % par rapport à leur niveau de 1990, d'ici 2050. La réduction devrait atteindre 30 % dès 2020. Pour les pays en voie de développement, le niveau de réduction exigé serait de 20 % d'ici 2050.

Les faits

Entre une majorité de pays qui craignent l'impact du réchauffement climatique sur la planète et une minorité d'autres qui redoutent l'impact économique de la lutte contre les gaz à effet de serre, des scientifiques ont constaté et mesuré un problème bien réel.

Le document préparatif soumis par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) aux participants de la conférence de Bali contient certaines des données les plus récentes sur le phénomène.

Ainsi, 11 des 12 dernières années sont parmi les 12 plus chaudes recensées depuis 1850. De 1906 à 2005, la température dans le monde a augmenté de 0,74 degré Celsius en moyenne. Cette hausse a été plus marquée dans les latitudes plus nordiques.

Plusieurs phénomènes sont devenus plus fréquents ou plus évidents:

  • la superficie de la calotte polaire a diminué, un phénomène évident en été;
  • la couverture de neige et de glace sur les montagnes a diminué dans les deux hémisphères;
  • les précipitations ont augmenté de manière significative, entre 1900 et 2005, dans l'est des Amériques du Nord et du Sud, dans le nord de l'Europe et dans le nord et le centre de l'Asie;
  • les précipitations ont diminué de façon significative, entre 1900 et 2005, dans le Sahel africain (entre le Sahara et les régions tropicales), en Méditerranée, dans le sud de l'Afrique et dans le Sud asiatique. Selon le GIEC, l'étendue de la sécheresse a probablement augmenté durant cette période, même si les données disponibles ne permettent pas de l'affirmer avec certitude;
  • à l'intérieur des terres, la fréquence des journées et des nuits de canicule a augmenté au cours des 50 dernières années.

Ces phénomènes ont un impact dans plusieurs sphères de l'activité humaine, dont l'agriculture, la gestion de la forêt, l'incidence de certaines maladies, la présence d'allergènes dans l'environnement et les activités dans les régions arctiques, souligne le GIEC. Des espèces animales sont aussi menacées d'extinction.

Le groupe d'experts insiste sur le fait que ces changements peuvent très difficilement être imputables à une évolution naturelle du climat. Même s'il l'énonce avec prudence, le GIEC fait un lien clair entre le réchauffement climatique et l'activité humaine.

Les émissions de gaz à effet de serre sont la principale manifestation de la croissance industrielle. Le GIEC souligne qu'elles ont augmenté de 70 % entre 1970 et 2004. « L'essentiel de l'augmentation moyenne des températures depuis le milieu du 20e siècle est très probablement dû à l'augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre produits par l'activité humaine », a écrit le GIEC.

Si rien n'est fait pour la ralentir, l'augmentation des gaz à effet de serre atteindra 25 à 90 %, entre 2000 et 2030. D'après la plupart des scénarios envisagés par le GIEC, l'augmentation moyenne de la température au cours des 20 prochaines années sera de 0,2 °C par décennie.

Un récent rapport du PNUD fixe à 2 °C le seuil d'augmentation de la température, par rapport à l'ère préindustrielle, à ne pas dépasser pour éviter des impacts à l'échelle mondiale.

Selon le PNUD, les changements climatiques pourraient aggraver le problème de malnutrition dans les régions les plus arides du globe, faire des millions de réfugiés climatiques, surtout en Égypte, au Vietnam et au Bangladesh, et compromettre le développement de plusieurs pays d'Afrique.

Hyperliens

Site de la conférence de Bali (Nouvelle fenêtre)

Rapport sur le développement humain du PNUD (Nouvelle fenêtre)

Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Nouvelle fenêtre)

Notre dossier sur le protocole de Kyoto et les diverses conférences sur les changements climatiques

Kyoto, un climat de confrontation

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