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La conférence internationale sur le Proche-Orient

Radio-Canada

Espoir de paix à Annapolis

Le conflit israélo-palestinien a fait l'objet d'une nouvelle conférence internationale de paix, le 27 novembre 2007, à Annapolis, aux États-Unis. L'objectif de cette rencontre, convoquée à l'initiative du président américain George W. Bush, était de relancer les négociations visant à créer un État palestinien indépendant qui coexisterait pacifiquement avec son voisin israélien.

Malgré la présence de représentants de la Syrie et de l'Arabie Saoudite, deux acteurs majeurs dans les négociations israélo-arabes, cette énième tentative d'instaurer la paix entre Palestiniens et Israéliens est intervenue dans un contexte difficile.

Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'y sont tous deux présentés en mauvaise posture. Le premier, en perte de popularité, fait encore face à la résistance des colons juifs, tandis que le deuxième n'est plus en mesure d'exercer une quelconque autorité dans la bande de Gaza, que le Hamas contrôle depuis juin 2007.

Les attentes:

  • Lancer immédiatement des négociations bilatérales « en toute bonne foi » pour conclure un traité de paix d'ici la fin de 2008;
  • respect de la Feuille de route élaborée en 2003 par le Quartette (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU) qui visait la création par étapes d'un État palestinien en 2005 aux côtés d'Israël;
  • mettre fin à l'effusion de sang, aux souffrances et aux décennies de conflit entre les deux peuples, ouvrir une nouvelle ère de paix [...], diffuser une culture de paix et de non-violence, s'attaquer au terrorisme et à la provocation;
  • les Palestiniens veulent des négociations « globales et approfondies » sur le statut de Jérusalem, des territoires occupés, sur le sort des réfugiés, sur les frontières, les colonies juives, l'eau, les barrages israéliens, les prisonniers palestiniens, etc.;
  • les Israéliens veulent obtenir une coexistence pacifique avec un État palestinien et avec les autres pays arabes.

Présentation officielle de la Feuille de route (Nouvelle fenêtre).


Une cinquantaine de pays ont assisté à la conférence d'Annapolis, dont:

Principaux protagonistes:

  • George W. Bush, président des États-Unis, pays hôte;
  • Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne;
  • Ehoud Olmert, premier ministre d'Israël.
Principales parties intéressées:
  • ONU: Ban Ki-moon, secrétaire général;
  • Union européenne: Javier Solana, haut représentant pour la politique extérieure et de défense;
  • Russie: Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères;
  • Quartette des médiateurs: Tony Blair, représentant spécial;
  • Ligue arabe: Amr Moussa, secrétaire général;
  • Organisation de la conférence islamique (OCI): Ekemelddine Ishangoglu, secrétaire général.

Pays arabes:

  • Arabie saoudite: Saoud Al-Fayçal, ministre des Affaires étrangères;
  • Égypte: Ahmed Aboul Gheit, ministre des Affaires étrangères;
  • Jordanie: Salaheddin Al-Bachir, ministre des Affaires étrangères;
  • Liban: Tarek Mitri, ministre de la Culture;
  • Syrie: Fayçal Al-Mekdad, vice-ministre des Affaires étrangères.

Pays du G8: Canada, Chine, France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, Japon, tous représentés par les numéros un ou deux des Affaires étrangères.

Observateurs: Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.


Les enjeux

Plusieurs questions font encore l'objet de conflits entre les deux parties, comme le statut de Jérusalem, le partage des territoires et des frontières, le sort des réfugiés palestiniens dispersés dans le monde, les colonies juives et le partage des ressources en eau.

Partage des territoires et des frontières: Les Palestiniens revendiquent la totalité de leurs territoires, dont la Cisjordanie, occupés depuis la guerre des Six Jours, en 1967. Ils exigent aussi d'appliquer leur souveraineté sur leurs frontières avec la Jordanie et l'Égypte, ce à quoi s'oppose Israël.

Le statut de Jérusalem: Chargée de symboles religieux et historiques, la ville sainte est convoitée aussi bien par les Palestiniens que les Israéliens pour en faire leur capitale. Jérusalem abrite l'esplanade des Mosquées, avec la mosquée Al-Aqsa, troisième des lieux saints de l'Islam et le mur des Lamentations, le lieu le plus sacré du judaïsme. Entre souveraineté partagée et création d'une zone internationale, les deux parties ne s'entendent pas sur le statut à donner à Jérusalem.

Retour des réfugiés palestiniens:Près de 4 millions de Palestiniens se sont réfugiés, en 1948 et 1967, dans des pays arabes (Liban, Syrie, Égypte, Jordanie, Arabie saoudite, Koweït et Émirats arabes unis), ou ailleurs dans le monde (États-Unis, Argentine, Chili et Brésil). La résolution 194 de l'ONU, adoptée en 1948, reconnaît le droit de ces Palestiniens au retour et prévoit le versement d'indemnités pour ceux qui ne désirent pas rentrer au bercail. Israël, qui ne reconnaît pas sa responsabilité dans ce problème, ne voit pas d'un bon oeil un retour massif de ces réfugiés, craignant un déséquilibre démographique.

L'eau de la discorde: Ressource rare au Moyen-Orient, l'eau ne cesse d'alimenter les conflits. Israël puise le tiers de ses ressources en eau potable de trois nappes phréatiques situées partiellement ou complètement en sol palestinien. L'État hébreu veut garder sa mainmise sur ces sources d'eau, alors que les Palestiniens s'y opposent.

Colonies juives: La construction de colonies juives sur des territoires palestiniens a commencé au lendemain de la guerre israélo-arabe de 1967. S'appuyant sur des résolutions de l'ONU, la quatrième convention de Genève et sur la déclaration de principes israélo-palestinienne de 1993, les Palestiniens revendiquent ces territoires occupés par des colons, qui les considèrent comme leur droit biblique.


Principaux pourparlers palestino-israéliens des 15 dernières années:

Charm el-Cheikh, juin 2007: Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, se rencontrent en Égypte, une semaine après la prise de contrôle de Gaza par le Hamas.

Pacte de Genève, décembre 2003: L'Israélien Yossi Beilin et le Palestinien Yasser Abed Rabbo poursuivent à titre informel les négociations engagées à Taba, en 2001. Ils proposent un plan de paix alternatif appelé « initiative de Genève », qui est rejeté par Ariel Sharon.

Sommet d'Aqaba, juin 2003: Le président Bush réunit en Jordanie Mahmoud Abbas et Ariel Sharon pour lancer la « feuille de route » visant à la création en trois étapes d'un État palestinien au plus tard le 31 décembre 2005.

Sommet de Beyrouth, mars 2002: La Ligue arabe adopte à l'unanimité une « initiative » de paix soumise par le prince héritier saoudien, Abdallah Ben Abdelaziz. Elle prévoit une normalisation des relations entre Israël et les pays arabes en contrepartie d'un retrait israélien de tous les territoires occupés en 1967.

Pourparlers de Taba, janvier 2001: Ehoud Barak lance des négociations bilatérales dans la station balnéaire égyptienne de Taba sur la base des « paramètres » de Clinton. Sa défaite aux élections empêchera la reprise des négociations.

Sommet de Charm el-Cheikh, octobre 2000: Les négociateurs palestiniens et israéliens se retrouvent dans la station balnéaire égyptienne après le début de la deuxième intifada. Yasser Arafat et Ehoud Barak refusent de parapher l'entente obtenue sous l'égide du président Clinton.

Camp David, juillet 2000: Le président Bill Clinton tente une médiation entre Yasser Arafat et Ehoud Barak sur la création d'un État palestinien. Arafat rejette le projet et la seconde intifada éclate. Clinton tentera, en vain, en décembre 2000, de relancer son plan avec de nouveaux « paramètres ».

Accords d'Oslo, septembre 1993: Yasser Arafat et Yitzhak Rabin signent des accords sur l'autonomie palestinienne en Cisjordanie et à Gaza, reportant à plus tard des négociations sur les questions clés.