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Les violences s'étendent

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pendant que les violences reprennent pour une troisième nuit à Villiers-le-Bel malgré un déploiement policier important, une bibliothèque et plusieurs véhicules sont incendiées à Toulouse.

Les violences se poursuivent pour une troisième nuit consécutive en France et s'étendent maintenant hors du cercle de la banlieue parisienne.

Une bibliothèque, un magasin et une douzaine de véhicules ont été incendiés à Toulouse, dans le sud du pays, indiquent des sources policières.

Pendant ce temps, à Villiers-le-Bel, une banlieue située au nord de Paris, les émeutes ont repris mardi soir malgré un renforcement policier important. Mardi soir, les autorités rapportaient quelques véhicules incendiés de même qu'une quinzaine de poubelles.

Afin de prévenir une troisième nuit d'affrontements, des centaines de policiers ont été déployées dans la ville. Depuis dimanche, à Villiers-le-Bel, 120 policiers ont été blessés lors d'affrontements avec les émeutiers, dont 82 dans la seule nuit de lundi à mardi.

On dénombre jusqu'à maintenant au moins 63 voitures et cinq bâtiments incendiés à Villiers-le-Bel et dans six municipalités proches. La police a arrêté au moins 8 personnes relativement aux violences.

Mardi, quatre hommes de 19 à 26 ans ont été condamnés à des peines de 3 à 10 mois de prison ferme pour avoir lancé des pierres sur des policiers, dans la nuit de dimanche à lundi. Quatre autres personnes qui auraient pris part aux émeutes sont toujours incarcérées en attendant de recevoir leur peine.

Pendant ce temps, plusieurs personnes ont pris part à une marche silencieuse à Villiers-le-Bel pour réclamer la fin des affrontements.

Les émeutes ont éclaté dimanche à Villiers-le-Bel, après la mort de deux jeunes à la suite d'une collision entre leur moto et une voiture de police. Les violences ne sont pas sans rappeler les émeutes qui ont secoué les banlieues parisiennes à l'été 2005.

Le premier ministre François Fillon, qui s'est rendu sur place mardi, a annoncé un renfort de policiers antiémeutes dans la soirée. Il a souligné qu'il fallait « tout faire » pour éviter la propagation des émeutes dans d'autres banlieues comme en 2005.

M. Fillon avait téléphoné lundi aux parents des deux adolescents décédés, Moushin, 15 ans, et son ami Larami, 16 ans, pour leur assurer que tout serait fait pour rechercher la vérité.

Des airs de guérilla urbaine

Dans un reportage publié mardi, le quotidien Le Monde a qualifié les émeutes de guérilla urbaine.

Dimanche, le frère d'un des adolescents, Omar Sehhouli, avait accusé les policiers de non-assistance à personne en danger. La justice a confié une enquête à la « police des polices » sur les circonstances de l'accident.

L'un des principaux syndicats de police a estimé qu'un cap avait été franchi avec l'utilisation d'armes contre les policiers, dont un fusil de chasse. Il a estimé que le niveau de violences était « supérieur » à 2005.

Selon un représentant d'un syndicat de policiers, cité par l'Agence France Presse, « les braises couvent sous les cendres » depuis 2005 et la police ne peut à elle seule répondre aux « causes sociales de la situation dans les quartiers sensibles ».

De son côté, le maire de Sarcelles, une ville voisine de Villiers-le-Bel également touchée par les violences, a estimé que la situation dans les banlieues était « pire qu'il y a deux ans ».

Les banlieues poursuivent toujours Sarkozy

Le président Nicolas Sarkozy, qui se trouve en Chine, doit réunir dès son retour en France, mercredi, le premier ministre et les ministres de l'Intérieur, de la Justice et la secrétaire d'État chargée de la politique de la ville.

M. Sarkozy recevra le maire de Villiers-le-Bel à L'Élysée. Auparavant, il se rendra à l'hôpital d'Eaubonne où se trouvent les policiers blessés.

Quand les émeutes ont éclaté en 2005, l'actuel président était ministre de l'Intérieur. Ses propos, quelques mois auparavant, sur la nécessité de « nettoyer » les banlieues au « Karcher » et l'utilisation du terme « racaille » avaient attisé la colère des jeunes.

En 2005, des centaines de personnes avaient été blessées, et plus de 10 000 véhicules et 300 bâtiments, incendiés. Le gouvernement avait instauré l'état d'urgence.

Dans les banlieues défavorisées à forte population originaire d'Afrique subsaharienne et du Maghreb, le taux de chômage des jeunes atteint parfois jusqu'à 50 %.

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