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Harper défend sa position

Radio-Canada

Critiqué pour avoir imposé une déclaration non contraignante sur les changements climatiques, le premier ministre canadien soutient que l'entente conclue était la meilleure possible et que le protocole de Kyoto était une « erreur ».

Le sommet du Commonwealth qui a eu lieu à Kampala, en Ouganda, a pris fin dimanche en laissant un goût amer à certains dirigeants.

L'incapacité des pays membres à s'entendre sur une déclaration sur les changements climatiques qui comprend des réductions contraignantes d'émissions de gaz à effet de serre (GES) est au coeur de ce sentiment de demi-échec.

Dimanche matin, peu avant la conclusion du sommet, le premier ministre de la Malaisie, Abdullah Badawi, s'est dit déçu de l'attitude du Canada, qui a fait pression pour que le Commonwealth émette une déclaration sur les changements climatiques qui ne comprenne aucune cible précise et obligatoire de réduction d'émissions de GES.

M. Badawi aurait souhaité que les 53 pays réunis adoptent une déclaration plus forte, surtout en prévision du sommet de Bali, où les pays discuteront des suites à donner au protocole de Kyoto, qui vient à échéance en 2012.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a fait fi de ces critiques, défendant bec et ongles la position de son gouvernement. Selon lui, les pays ont adopté la meilleure déclaration possible sur le climat.

M. Harper en a profité pour dénoncer une nouvelle fois le protocole de Kyoto qui, selon lui, est une « erreur » que le monde ne doit jamais répéter. Le premier ministre soutient que le protocole de Kyoto présente plusieurs lacunes et que le Canada n'appuierait jamais un autre traité international qui serait aussi déficient.

Le premier ministre conservateur dénonce surtout le fait que le protocole de Kyoto impose des cibles obligatoires à près de 40 pays, mais pas à d'autres, parmi lesquels certains des plus gros pollueurs de la planète, dont les États-Unis, l'Inde et la Chine.

« Nous avons déjà tenté l'approche ''un tiers des pays auront des cibles obligatoires et espérons que les autres suivent l'exemple''. Et ça n'a pas fonctionné », dit-il.

Pour M. Harper, il est donc clair que tout nouveau traité sur les changements climatiques devra inclure tous les pays, sinon il est inutile.

Dernière journée en Ouganda

Le premier ministre Harper a profité de sa dernière journée au sommet du Commonwealth pour rencontrer le président ougandais, Yoweri Museveni. M. Harper a notamment abordé la question de droits de la personne en Ouganda.

Selon l'ONG Human Rights Watch, les prisonniers en Ouganda sont parfois détenus dans des lieux secrets, maltraités et même torturés. On y rapporte aussi de nombreuses arrestations arbitraires d'opposants et de journalistes.

M. Harper a également téléphoné dimanche au nouveau premier ministre australien, Kevin Rudd. Le premier ministre canadien a félicité son homologue travailliste pour sa victoire de samedi. Les deux hommes, malgré leurs divergences idéologiques sur plusieurs sujets, dont le climat, ont convenu de poursuivre les bonnes relations qu'entretiennent les deux pays.

Le premier ministre Stephen Harper va quitter l'Ouganda lundi. Il fera une visite de quelques heures en Tanzanie, avant de rentrer à Ottawa.

Le problème pakistanais

Outre les changements climatiques, le Pakistan a été au coeur du sommet en raison de l'instauration de l'état d'urgence, il y a quelques semaines. Les 53 pays ont d'ailleurs décidé de suspendre le pays de l'Organisation du Commonwealth.

Les dirigeants du Commonwealth ont déploré le fait que le président pakistanais, le général Pervez Mucharraf, n'ait pas démissionné de son poste de chef des armées et qu'il n'ait pas levé l'état d'urgence.