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La langue n'est pas un facteur

Radio-Canada

Présentant les conclusions d'études dans le cadre du forum national organisé pour la Commission Bouchard-Taylor, le sociologue Jean Renaud dit que la connaissance d'une langue ne facilite pas l'insertion économique des immigrants.

Le troisième forum national de l'Institut du Nouveau-Monde organisé pour le compte de la Commission Bouchard-Taylor se déroule dimanche à Montréal.

En tout, 150 personnes participent à l'événement, dont les deux présidents de la commission sur les pratiques d'accommodement, Gérard Bouchard et Charles Taylor, pour discuter notamment de la francisation et de l'accès à l'emploi pour les immigrants.

Le sociologue Jean Renaud de l'Université de Montréal a d'ailleurs présenté des conclusions d'études qui en ont étonné plusieurs. Présentant des enquêtes qu'il a menées sur la question de l'immigration, M. Renaud a affirmé que la langue n'est pas un « facteur magique » d'intégration, contrairement aux affirmations de bon nombre de citoyens dans le cadre des forums de la commission Bouchard-Taylor.

Selon lui, le fait qu'un immigrant connaisse le français, ou l'anglais, n'a pas pour effet d'accélérer sa capacité à se trouver du travail facilement. M. Renaud a notamment donné en exemple les Maghrébins, qui parlent français mais qui n'ont pas plus de facilité que les autres immigrants à trouver un emploi rapidement.

« [[citation auteur="Jean Renaud, sociologue à l'Université de Montréal" ]]Enquête après enquête, on a amélioré nos questions, changé nos cohortes, et cela donne toujours le même résultat, ce n'est pas la langue qui favorise l'insertion. »

Selon lui, ce sont davantage les réseaux de contacts au sein de la majorité francophone qui jouent un rôle déterminant dans l'intégration des immigrants.

M. Renaud soutient que les immigrants doivent obligatoirement passer par une assez longue période d'adaptation. Pour appuyer ses propos, il a présenté des données sur le taux de chômage des immigrants à Montréal. Celui-ci est de 18 % au cours des 5 premières années après l'arrivée. Il tombe à 14 % après ces 5 premières années, alors que dans la population en général, il se situe, bon an mal an, autour de 6 %.

Un autre conférencier, Rachad Antonius, de l'Université du Québec à Montréal, a soutenu pour sa part que l'intégration des immigrants passe d'abord par le dialogue. Selon lui, les immigrants doivent connaître les us et coutumes de la société d'accueil, tandis que les membres de celle-ci doivent être au fait du bagage culturel des nouveaux arrivants.