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La langue n'est pas le facteur principal

Radio-Canada

Au forum national organisé par l'INM dans le cadre de la Commission Bouchard-Taylor, le sociologue Jean Renaud affirme que ce sont les contacts sociaux, plus que la langue, qui favorisent l'insertion des immigrants sur le marché du travail.

Le troisième forum national de l'Institut du Nouveau-Monde organisé pour le compte de la Commission Bouchard-Taylor s'est déroulé dimanche à Montréal. Plus de 200 personnes ont participé à cette rencontre, où les discussions portaient sur la francisation et l'intégration socio-économique des immigrants.

Le sociologue Jean Renaud, de l'Université de Montréal, a présenté les conclusions d'études qui en ont étonné plus d'un. Ainsi, contrairement à la croyance populaire, l'apprentissage du français ne serait pas le « facteur magique » qui permet aux immigrants de décrocher un emploi.

« Ce n'est pas la langue en soi qui est le facteur d'insertion sur le marché du travail. C'est l'insertion dans les réseaux sociaux », a soutenu Jean Renaud.

M. Renaud a notamment donné en exemple les Maghrébins, qui parlent français mais qui n'ont pas plus de facilité que les autres immigrants à trouver un emploi rapidement. Selon lui, ce sont donc les réseaux de contacts au sein de la majorité francophone qui jouent un rôle déterminant dans l'intégration des immigrants.

Enquête après enquête, on a amélioré nos questions, changé nos cohortes, et cela donne toujours le même résultat: ce n'est pas la langue qui favorise l'insertion.

Jean Renaud, sociologue à l'Université de Montréal

M. Renaud soutient que les immigrants doivent obligatoirement passer par une assez longue période d'adaptation. Pour appuyer ses propos, il a présenté des données sur le taux de chômage des immigrants à Montréal. Celui-ci est de 18 % au cours des 5 premières années après l'arrivée. Il tombe à 14 % après ces 5 premières années, alors que, dans la population en général, il se situe, bon an mal an, autour de 6 %.

En atelier, de nombreux participants ont eux aussi mis l'accent sur l'importance des réseaux de contacts. « Les immigrants arrivent ici, oui, ils ont accès à des cours de français, mais ça s'arrête rapidement et, pour la suite, on leur dit: débrouillez-vous tout seuls! Oui, on leur demande de s'intégrer, mais en même temps on est dans des réseaux fermés », a déclaré Lyne Bisson, une Québécoise dite « de souche ».

Un autre conférencier, Rachad Antonius, de l'Université du Québec à Montréal, a soutenu pour sa part que l'intégration des immigrants passait d'abord par le dialogue. Selon lui, les immigrants doivent connaître les us et coutumes de la société d'accueil, tandis que les membres de celle-ci doivent être au fait du bagage culturel des nouveaux arrivants.

Les travaux de la Commission Bouchard-Taylor reprennent lundi à Montréal. Le quatrième et dernier forum organisé par l'Institut du Nouveau Monde aura lieu en février, soit quelques semaines seulement avant le dépôt du rapport des coprésidents.