•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gare à la pauvreté

Le troisième rapport national sur la santé des Québécois révèle que la pauvreté est moins importante au Québec que dans les autres provinces canadiennes. Son impact reste toutefois majeur, notamment sur la santé.

Au moment où le Collectif pour un Québec sans pauvreté lance une campagne pour lutter contre la pauvreté, un rapport dévoile que la pauvreté est moins sévère au Québec qu'ailleurs au Canada.

Il reste qu'elle a toujours un impact majeur, pouvant même entraîner la mort, chez les jeunes.

C'est ce que révèle le troisième rapport national sur la santé des Québécois. Cette année, le rapport dresse un portrait complet des effets de la pauvreté sur la santé, plus particulièrement, sur la santé des jeunes.

Une centaine d'indicateurs sous la loupe

Les experts ont analysé une centaine d'indicateurs de l'état de santé. Ils ont découvert que les enfants pauvres sont désavantagés dans près de 70 cas. Seulement cinq indicateurs désavantagent les enfants riches. Toutefois, l'une des exceptions touche les traumatismes subis lors d'activités sportives et récréatives, auxquelles les plus pauvres ont moins accès.

Premier constat du rapport: les effets de la pauvreté sur la santé sont permanents. Même si un jeune démuni sort de la pauvreté à l'âge de 17 ans, sa santé s'en ressentira toute sa vie.

Les désavantages des enfants pauvres par rapport aux enfants riches:

  • le taux de mortalité des moins de 18 ans est trois fois plus important chez les garçons et deux fois plus important chez les filles;
  • le taux d'hospitalisation pour troubles mentaux des garçons égale 127 % de celui des garçons riches et celui des filles, 37 %;
  • le risque d'avoir un poids insuffisant à la naissance est plus élevé;
  • le risque de souffrir d'asthme ou d'otites est plus élevé.
  • 17 fois plus de filles deviennent mères avant 20 ans;
  • les retards scolaires sont de trois à quatre fois plus importants;
  • les troubles graves de comportement sont trois fois plus importants;
  • ils sont moins nombreux à obtenir leur diplôme d'études secondaires que les jeunes plus riches.

Tout n'est pas négatif

Cependant, le rapport comporte des données très positives. Il révèle que la pauvreté est moins présente, moins intense et moins grave au Québec que dans les autres provinces canadiennes.

Le Québec se compare aussi favorablement aux États-Unis, au Royaume-Uni, à l'Australie, à l'Italie et à l'Espagne en matière de lutte contre la pauvreté. Toutefois, il traîne un peu de l'arrière par rapport à la France, à l'Allemagne et à la Hollande et se trouve loin derrière les quatre pays scandinaves.

Le directeur national de la santé publique, le Dr Alain Poirier, affirme que les ménages pauvres comptent de plus en plus de travailleurs, même à temps plein. Pour cela, croit-il, il est nécessaire de hausser les salaires horaires.

C'est d'ailleurs l'une des trois demandes de la campagne Mission collective: bâtir un Québec sans pauvreté, lancée par le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Les demandes de la Mission collective:

  • l'accès à des services publics universels de qualité;
  • le relèvement du salaire minimum pour permettre de sortir de la pauvreté;
  • la hausse des prestations publiques pour assurer des conditions de santé et de dignité à toute personne qui n'a pas un revenu suffisant.