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L'utilisation des Taser en question

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de la Sécurité publique ordonne une réévaluation de l'utilisation des pistolets électriques Taser, au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant les derniers instants du ressortissant polonais à l'aéroport de Vancouver.

Les réactions ont fusé de toutes parts au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant les événements ayant conduit à la mort de Robert Dziekanski après qu'il eut reçu deux décharges électriques de pistolet Taser à l'Aéroport international de Vancouver, le 14 octobre dernier.

À Ottawa, jeudi, le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, s'est dit attristé par l'événement « tragique et douloureux ». Il a ensuite indiqué qu'il avait demandé un examen sur l'utilisation des pistolets électriques Taser.

Rappelant que plusieurs enquêtes sont en cours, M. Day a affirmé vouloir « trouver les réponses pour éviter que cela puisse se reproduire ». Il rejette toutefois pour l'instant l'idée d'une révision nationale sur les Taser, comme le demandent certains libéraux.

Après avoir vu la vidéo, le porte-parole du Parti libéral en matière de sécurité publique, Ujjal Dosanjh, a en effet demandé une révision nationale sur l'usage des pistolets Taser. Le chef du parti, Stéphane Dion, s'est quant à lui contenté d'affirmer que la GRC devrait revoir son utilisation des pistolets électriques. M. Dion ne s'est pas avancé à réclamer leur interdiction.

Le Nouveau Parti démocratique s'est dit irrité du fait que la GRC mène sa propre enquête sur les incidents alors que quatre de ses agents y sont impliqués. Selon la porte-parole du parti en matière de sécurité publique, Penny Purdy, l'enquête devrait être confiée à la police de Vancouver pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts.

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, réclame quant à elle un moratoire immédiat sur l'utilisation des pistolets Taser au pays.

Attendre la fin des enquêtes

En Colombie-Britannique, où la tragédie s'est produite, les réactions ont été aussi nombreuses.

Le premier ministre de la province, Gordon Campbell, a qualifié les images de « dérangeantes ». Selon lui, l'incident est une tragédie qui aura des conséquences pour toutes les personnes impliquées. Il a ajouté qu'il était impératif de trouver des réponses, dans les enquêtes en cours, pour agir plus efficacement à l'avenir.

Le NPD provincial a demandé au gouvernement Campbell de nommer un procureur spécial qui serait responsable du dossier. M. Campbell a répondu en disant que cette décision relève du système de justice et des politiciens.

Le procureur général de la Colombie-Britannique, Wally Oppal, a déclaré avoir été lui aussi touché par la vidéo. Il n'a cependant pas voulu condamner l'utilisation des pistolets Taser et a dit vouloir entendre la fin des enquêtes pour proposer d'éventuelles recommandations.

Cette position a été reprise par plusieurs ministres de la Justice provinciaux canadiens, alors que les inquiétudes concernant l'utilisation des Taser s'amplifient. C'est que, depuis 2003, au moins 17 personnes sont mortes au Canada dans des incidents où sont utilisés des pistolets électriques.

Le ministre de la Sécurité communautaire de l'Ontario, Rick Bartolucci, a défendu l'utilisation des Taser, indiquant qu'il n'y avait aucune preuve qu'ils étaient directement responsables de ces décès. Le procureur général du Manitoba, Dave Chomiak, a abondé dans le même sens, demandant aux journalistes et aux gens de ne pas tirer trop vite des conclusions.

Une vidéo qui fait le tour du monde

Depuis sa première diffusion mercredi soir, la vidéo montrant les derniers instants de Robert Dziekanski a été vue par des millions de personnes dans le monde. De grandes chaînes d'information internationales, comme CNN, ABC et la BBC, ont abondamment diffusé l'enregistrement à la télévision.

La vidéo a aussi été beaucoup vue dans Internet. Par exemple, sur le site YouTube, un des nombreux extraits de la vidéo avait été visionné plus de 100 000 fois jeudi après-midi.

Dans la vidéo, on voit Robert Dziekanski, barricadé derrière des chaises, le long des portes qui séparent la zone sécurisée de la zone publique du terminal des arrivées de l'aéroport. Il semble agité et confus. Il jette un ordinateur par terre et fracasse les vitres avec une table de bois.

Ensuite, des agents de la GRC s'avancent vers et l'encerclent. Ils lui demandent de se tenir tranquille contre le mur, ce qu'il semble faire. Moins de 25 secondes plus tard, Robert Dziekanski reçoit une première décharge de pistolet Taser.

M. Dziekanski reçoit ensuite une deuxième décharge et meurt quelques instants après.

Voir la vidéo  (Nouvelle fenêtre)montrant Robert Dziekanski quelques instants avant sa mort.

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