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Le sirop de la discorde

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une vingtaine de producteurs de sirop d'érable du Québec contestent devant les tribunaux les amendes de 5 millions de dollars qui leur ont été imposées pour avoir refusé de faire partie de la Fédération des producteurs acéricoles.

Le torchon brûle entre un groupe de producteurs de sirop d'érable et la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Une vingtaine de producteurs ont décidé de contester devant les tribunaux les amendes qui leur sont imposées pour avoir refusé de faire partie du syndicat, affilié à l'Union des producteurs agricoles.

Depuis 2002, la loi oblige en effet tous les acériculteurs à vendre toute leur production à la Fédération et ceux qui refusent d'adhérer à ce système de mise en marché sont mis à l'amende. En tout, les amendes imposées à la vingtaine de producteurs récalcitrants totalisent 5 millions de dollars.

« Moi, je ne suis pas une multinationale. Quand on parle d'un million d'amendes, cela n'a aucune logique pour faire rentrer quelqu'un dans le rang », déplore Jean-Pierre Caron, producteur acéricole.

Les producteurs sont d'autant plus furieux qu'ils soutiennent que la Fédération n'a aucun droit sur eux et qu'ils ont le droit de mener leur entreprise comme ils le désirent.

« On veut juste avoir la liberté de ne pas faire partie de ce syndicat-là. Après tout, nous sommes des travailleurs autonomes, nous sommes des entrepreneurs. Nous n'avons pas à être syndiqués, nous ne sommes pas des employés », dit le producteur Steve Lessard.

L'avocat Luc Racicot, qui représente les plaignants, soutient que les producteurs sont dans leur droit et que c'est la Fédération qui n'agit pas dans les règles. Selon lui, les lois sur la mise en marché et la production agricole au Québec ne respectent pas la Charte canadienne des droits et libertés.

« [les producteurs] ont le droit de décider: "moi, je me désengage ou je continue seul avec les personnes avec qui je veux m'associer". C'est ça la liberté d'association », dit-il.

Pour sa part, la Fédération des producteurs acéricoles prétend que le système actuel a permis de sauver des centaines de producteurs de la faillite. Son président, Pierre Lemieux, tend d'ailleurs la main aux producteurs récalcitrants pour qu'ils réintègrent le syndicat.

« Il est encore possible de régler à l'amiable avec la Fédération. Et quand on veut régler à l'amiable, on est très généreux, on diminue la facture d'au moins six fois », plaide-t-il.

Mais pour certains producteurs, il semble déjà trop tard et le conflit pourrait avoir des conséquences malheureuses pour l'avenir de l'industrie. « Au départ, on aimait ça, les enfants aimaient ça, mais aujourd'hui je ne veux plus, je ne veux pas qu'ils s'en aillent là-dedans », dit Ghislaine Marois Fortin, une productrice condamnée à plus de 500 000 $ d'amendes.

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