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Les revers de l'éthanol

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que la production de maïs explose, l'émission Enquête présentera jeudi les conséquences environnementales et alimentaires insoupçonnées de la fabrication de cette énergie dite verte.

La demande de maïs a explosé cette année partout en Amérique du Nord en raison de la forte demande pour la fabrication d'éthanol, qui est présenté comme un carburant vert.

Toutefois, l'engouement pour l'éthanol comporte plusieurs conséquences environnementales et humanitaires insoupçonnées. C'est ce que révèle l'émission Enquête, qui sera présentée jeudi à Radio-Canada.

Au point de vue environnemental, la culture intensive de maïs pour fabriquer de l'éthanol comporte plusieurs aspects négatifs. Ainsi, elle dégrade les sols et contamine les cours d'eau, puisqu'il s'agit de la culture qui nécessite le plus d'herbicides, d'insecticides et d'engrais.

« On sait qu'au niveau du maïs, il y a une saturation, on ne peut pas en faire davantage sans avoir des impacts environnementaux qui seraient plus négatifs que positifs. Alors, il faut se tourner vers d'autres sources » dit le ministre de l'Environnement du Québec, Claude Béchard.

Alors que la première usine d'éthanol au Québec vient tout juste d'être inaugurée à Varennes, les notes internes du ministère de l'Environnement obtenues par Enquête révèlent que Québec s'est opposé pendant plus de 10 ans à sa construction.

Le gouvernement Charest a finalement donné l'aval, en 2005, après un ultimatum du lobby agricole. Cette usine produit 120 millions de litres d'éthanol par année, assez pour assurer le tiers des besoins en éthanol fixés pour 2012.

Le ministre de l'Environnement de l'époque, Thomas Mulcair, explique les doutes qu'avait Québec. « La vraie question c'est: "est-ce que ça cadre avec la stratégie de développement durable?" Et je pense que la réponse, c'est non », dit-il.

Le ministre Béchard confirme ces appréhensions en affirmant, après avoir vu le reportage d'Enquête, que l'usine de Varennes sera la première et dernière usine d'éthanol au Québec.

Des impacts alimentaires

La production intensive de maïs pour fabriquer de l'éthanol a aussi des impacts à d'autres niveaux. Plusieurs organismes, dont l'ONU, s'inquiètent des effets inflationnistes des biocarburants pour l'alimentation humaine.

Selon le rapporteur de l'ONU sur le droit à l'alimentation, Jean Ziegler, le changement de vocation de terres agricoles les faisant passer de la production d'aliments à la production de biocarburants menace l'approvisionnement des pays en développement.

« Ça signifie qu'au nord de l'Éthiopie, les camions du Programme alimentaire mondial n'arrivent plus et [...] les gens meurent », dit-il.

Selon l'OCDE, d'ici 10 ans, le tiers du maïs en Amérique du Nord et plus de la moitié des oléagineux produits en Europe vont aller aux biocarburants.

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