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Un chaos nommé école

Radio-Canada

Les représentants de syndicats d'enseignement dénoncent la confusion entourant le retour aux bulletins chiffrés et accusent le gouvernement Charest d'ingérence parce qu'il prône le recours à la dictée dans les cours de français.

Confusion, improvisation, ingérence politique, voire électoralisme. Les représentants de syndicats d'enseignants ont fait mercredi une évaluation sévère des récentes actions et prises de position du gouvernement du Québec en matière d'éducation.

En conférence de presse, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), Johanne Fortier, et la présidente de l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ), Maureen Morris, ont d'abord fait état du désarroi des enseignants devant la nouvelle exigence d'un bulletin chiffré.

Selon Mme Fortier, cette décision a été prise sans égard aux pratiques passées. Après 10 ans de réforme scolaire, la plupart des enseignants appliquaient un système de cotes plus globales pour évaluer les compétences des élèves. Le retour à des notes précises pose donc problème, soutient la présidente de la FSE.

Accusations d'ingérence

Johanne Fortier dénonce aussi la récente prise de position du gouvernement de Jean Charest en faveur de l'usage de la dictée dans les cours de français. Mme Fortier estime qu'il s'agit d'une ingérence politique dans une pratique pédagogique, et rappelle que la Loi sur l'instruction publique donne l'autonomie aux enseignants quant au choix de leur approche pédagogique.

« Qu'un premier ministre parle d'éducation, soit. Qu'un premier ministre vienne nous dire comment enseigner, y'a une marge, a déclaré Johanne Fortier. En santé, vous n'irez pas dire à l'infirmière ou au médecin comment opérer. » Une pétition lancée par les enseignants eux-mêmes, dénonçant la situation, circule dans les écoles.

Mercredi matin, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a déclaré que les étudiants québécois manquaient encore de bases solides en français et que le renouveau pédagogique n'avait pas amélioré la situation. Elle a promis qu'elle présenterait un plan d'ensemble sur l'enseignement du français dès le mois prochain.

Selon Johanne Fortier, la ministre ne connaît pas le fonctionnement du milieu. La présidente de la FSE souligne notamment que la dictée est une méthode d'apprentissage qui n'est pas interdite par le programme du ministère, et qui est déjà utilisée par certains enseignants.

La présidente de la FSE plaide aussi pour que l'implantation de la réforme ne touche pas immédiatement le secteur des adultes. Selon Mme Fortier, il faut réfléchir aux moyens d'appliquer ces principes à un enseignement souvent plus individualisé, en plus d'en évaluer la faisabilité et la pertinence.

Selon Réjean Parent, le gouvernement livre l'école au populisme et à l'électoralisme. Il ajoute qu'en créant ainsi le chaos et la confusion, il éloigne le réseau scolaire de solutions. Le président de la CSQ compare les annonces du gouvernement à un spectacle de variétés.

M. Parent affirme que les problèmes de l'éducation demeurent les mêmes: le sous-financement du réseau, la multiplication des classes à niveaux multiples et le manque d'aide aux élèves en difficulté.