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Le PQ rejette la motion

Radio-Canada

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, confirme que son parti va voter contre la motion de censure déposée par Mario Dumont, qui aurait pu en principe mettre la survie du gouvernement en jeu.

La perspective que le Québec soit plongé dans une nouvelle campagne électorale dans la foulée d'une motion de censure déposée par l'Action démocratique du Québec s'est rapidement évaporée.

La chef péquiste Pauline Marois a confirmé mercredi matin ce que tous les observateurs prévoyaient: son parti votera contre cette motion, qui blâme le gouvernement pour son inaction dans le dossier des commissions scolaires.

« Plus ça va, plus M. Dumont s'éloigne des préoccupations des gens », a dit Mme Marois, en assimilant les propos du chef adéquiste Mario Dumont à de la démagogie. « Vous allumez des feux et vous ne savez pas comment les éteindre », a-t-elle lancé à son intention.

Mme Marois convient que le taux de participation aux élections scolaires tenues dimanche est très bas. « De là à envoyer le Québec en élection, il y a une marge », dit-elle. Le Parti québécois est prêt à faire tomber le gouvernement, dit-elle, mais pas sur une question de structure.

Texte de la motion de censure

L'Assemblée nationale blâme sévèrement le gouvernement. Elle lui retire sa confiance pour sa défense des commissions scolaires, son approche bureaucratique et son incapacité à assurer aux écoles et aux enfants du Québec les services auxquels ils ont droit.

Notant qu'un avis du Conseil supérieur de l'éducation intitulé Agir pour renforcer la démocratie scolaire a été déposé en décembre 2006, la chef péquiste soutient que le gouvernement aurait pu étudier et débattre des recommandations visant à améliorer le fonctionnement du système. Elle se dit étonnée que la ministre de l'Éducation ait annoncé un chantier de réflexion sur le sujet au lendemain des élections scolaires, alors qu'elle disposait depuis longtemps d'un outil pour faire le débat.

Du pareil au même

Quelques minutes à peine après que Mme Marois eut annoncé la position du Parti québécois, Mario Dumont a ironisé sur le fait que les péquistes et les libéraux semblaient avoir le même attaché de presse.

Il soutient que la question des commissions scolaires se trouve au carrefour de deux grandes orientations du Parti libéral, soit l'éducation et la réorganisation des structures de l'État. Sur ces deux aspects, dit le chef adéquiste, le gouvernement prône l'immobilisme.

M. Dumont affirme que Pauline Marois et le premier ministre Jean Charest ont des intérêts communs. M. Charest a besoin de Mme Marois pour maintenir son gouvernement en place, et cette dernière a besoin de lui pour camoufler le bilan désastreux de la réforme du système d'éducation qu'elle a pilotée lorsqu'elle était ministre.

Le chef adéquiste affirme que son parti agit de manière responsable dans ce dossier. Le dépôt de la motion de censure a permis de savoir à quelle enseigne logeaient péquistes et libéraux, et que l'ADQ a conséquemment fait son travail d'opposition officielle de façon tout à fait correcte.

La motion de censure doit être inscrite au feuilleton de l'Assemblée nationale mercredi, puis déposée officiellement jeudi. Suivra un débat, mardi prochain, à l'issue duquel aura lieu le vote de confiance.

Les libéraux à l'attaque

Les ministres du gouvernement Charest ont pour leur part gratifié Mario Dumont d'une nouvelle volée de bois vert, mercredi, à leur arrivée au caucus, chacun y allant de son commentaire visant à remettre en cause son jugement.

« La pression de la rentrée parlementaire a eu un effet sur son jugement », a commenté le premier ministre Jean Charest. « On voit là-dedans que l'ADQ est en panique. Il y a comme une perte de contrôle. »

Le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a martelé le même clou. « Je pense qu'hier, [Mario Dumont] a tenté le grand coup, mais la seule chose qu'il a réussi à faire tomber avec sa motion et son annonce, c'est sa propre crédibilité. »

Sa collègue à l'Environnement, Line Beauchamp, a été tout aussi lapidaire. « Avant tout, je pense que c'est de l'amateurisme, honnêtement. C'est sortir un bazooka pour tuer un maringouin ».

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